Désintox

Tout ce que vous voulez savoir sur le transport maritime

Transport maritime

Chers lecteurs, aujourd’hui je voudrais vous parler d’un reportage qui m’a particulièrement touchée. Ce reportage s’appelle « Cargos », il explore le monde du transport maritime et nous place face à de nombreuses implications invisibles de nos modes de consommation.

Vous pouvez voir ce reportage sur internet : Cargos, la face cachée du fret de Denis Delestrac.

Intro: petit état des lieux

90% de tout ce que nous consommons vient par conteneurs de l’autre bout du monde (c’est une moyenne bien sûr). Nos habits, notre mobilier, notre électroménager, notre équipement électronique, nos cosmétiques, et même une bonne partie de notre alimentation, sont transportés sur des monstres marins d’un nouvel âge, mesurant pour la plupart 300 mètres de long, dirigés par une vingtaine d’hommes et abritant dans les 80 000 tonnes de produits en tous genres.

Le transport par bateau figure sur le podium des adjuvants de la mondialisation. En effet, si c’est la différence des salaires et des niveaux de vie qui a engendré la mondialisation, c’est le transport maritime à bas coût qui a rendu possible la mondialisation telle qu’elle existe aujourd’hui. Actuellement, une entreprise peut traiter le monde entier comme sa propre usine. Avant ce modèle, l’Europe occidentale comptait beaucoup de très grandes usines, où la Transport maritimematière première entrait par un bout et ressortait sous forme de produit fini par l’autre. Aujourd’hui, le faible coût du transport maritime a supprimé la notion de distance, et une simple veste est le résultat d’une collaboration à l’échelle planétaire. Vous ne saurez jamais où a été cultivé le coton qui la compose, où il a été tissé, teint, d’où viennent sa fermeture éclair ou ses boutons. La seule chose que vous savez, c’est où a eu lieu le dernier assemblage. Votre veste, avec ses 48 000 km parcourus, aura peut-être plus voyagé que vous, la chanceuse, et tout cela pour le prix d’un ticket de métro !

Dans la même veine, on va trouver aussi des pêcheurs écossais envoient leurs morues en Chine pour les dépecer, puis les renvoient en Ecosse pour les congeler, puis les vendent dans le monde entier comme du poisson écossais.

Le problème, c’est que lorsque les choses dont anormalement peu chères, on finit toujours par en payer le prix. Les industriels économisent, les populations pauvres et la planète paient le prix fort…

Un marché aussi discret que gigantesque

Environ 60 000 cargos sillonnent au moment même les océans du globe. Voici une carte pour vous donner une idée. Vous pouvez cliquer dessus pour accéder à un site de localisation en temps réel de ces bateaux. C’est de la folie, allez voir ! Les numéros sur la carte correspondent au nombre de bateaux circulant dans le périmètre sélectionné.Transport maritime

Comme l’exprime si bien l’émission, ces cargos sont le sang qui circule dans les veines de la mondialisation. Tous ces petits soldats du progrès sont paradoxalement d’autant plus invisibles qu’ils sont énormes : leur taille implique des zones portuaires profondes et spacieuses, qui sont souvent situées loin des villes. Parmi les plus gros cargos, on trouve le triple E de Maersk (entreprise dont les revenus sont équivalents à ceux de Microsoft) : 400m de long, équivalent à 4 terrains de foot. Il peut transporter 18000 conteneurs par voyage, qui mis bout à bout formeraient un serpent de 120km de long, ou peuvent contenir 800 millions de bananes. Le conteneur est une innovation très importante pour le fret maritime : grâce à la facilitation du chargement et du déchargement, il a révolutionné le secteur.

Mais là encore, il y a un hic : ces conteneurs sont remplis et scellés par l’expéditeur puis déchargés toujours scellés et envoyés directement par camion ou train au destinataire, les capitaines des navires ne savent pas vraiment (ou ne préfèrent pas savoir) ce qu’ils transportent. Seuls l’expéditeur et le destinataire ont connaissance du contenu de ces boîtes à malice. Vous le voyez venir gros comme une maison : le fret maritime, c’est le paradis de la drogue et du trafic d’armes, cela se compte en centaines de tonnes par an. Les Etats-Unis ont instauré une politique d’inspection visant à scanner chaque conteneur qui entre sur le territoire, sauf que le soin de cette inspection est laissée aux responsables des entreprises de transport, qui, vous vous en doutez, n’ont pas franchement intérêt à perdre des clients… Résultat : 2% des conteneurs arrivant sur le territoire des Etats-Unis sont en réalité inspectés.

Bref, comme vous le voyez, le fret maritime ce n’est pas que joli-joli. Prenons l’exemple du Norvégien John Fredriksen (j’avoue que je me suis fait plaisir sur le choix de la photo), qui répartit sa fortune de plus de 15 milliards de dollars entre les paradis fiscaux du globe, et détient le Transport maritimequasi monopole du transport de pétrole brut de la planète (plus exactement, il transporte la moitié du pétrole brut extrait de la planète). Dans les années 80, il remporte son premier jackpot pendant le conflit entre l’Iran et l’Irak, en passant contrat avec les ayatollahs du pétrole pour mettre son premier tanker (navire-citerne) à disposition de l’Iran, alors sous embargo américain, pour lui permettre de continuer à vendre son pétrole dans le but de financer son armement. Bon, je ne vais pas défendre les pauvres américains qui se sont fait rouler par ce méchant norvégien, mais quand même. Et ce n’est pas tout : il fait ensuite la une des journaux norvégiens car il est soupçonné d’avoir en plus volé le pétrole de ses clients pour alimenter ses propres navires ! Habile Bill. Il est toujours passé entre les mailles de la justice, comme la plupart des grands criminels en col blanc.

Le business des pavillons

Dans le monde du transport maritime, on aime beaucoup l’exotisme. C’est-à-dire que l’on préfère toujours des pavillons étrangers à celui du pays de l’armateur. Par exemple, un armateur européen utilise un pavillon libérien, qui comme par magie fait de son bateau un navire libérien, Transport maritimeéchappant ainsi aux cadres de la loi européenne lorsqu’il se trouve en haute mer. La plupart des navires européens et chinois sont immatriculés au Panama, au Libéria, en Mongolie, aux Îles Marshall, qui arrangent les armateurs sur la question des impôts, des obligations sur les conditions de travail, sur le salaire minimum et les charges sociales. Vous allez finir par croire soit que je suis obsédée par la question de l’esclavage, soit qu’il s’agit effectivement d’un sujet qui n’a pas du tout perdu de son actualité. Ce choix avantageux du pavillon est à l’origine du terme de « pavillon de complaisance ». Vous allez rire : il existe donc chaque année des « salons de complaisance » (essayez, il y a plus de petits fours qu’à Primevère !), où devant nos joyeux armateurs les États se livrent au concours de la permissivité réglementaire pour prostituer leurs drapeaux.

J’en reviens donc à mon affirmation selon laquelle il y en a toujours un qui finit par payer lorsque les coûts sont bas. Ici, vous l’aurez deviné, c’est 1,5 million de travailleurs qui sont victimes de ce système. En particulier, 40% de la main d’œuvre du secteur est originaire des Philippines. Très bon produit ces Philippins, ils sont bon marché et anglophones, et ont une vie tellement pourrie qu’ils n’ont pas le choix et acceptent de travailler pour rien et dans des conditions inhumaines. Le vrai bon plan quoi.

Mais attendez, ces philippins sont des privilégiés, en mer ils peuvent toucher un salaire 5 à 6 fois plus élevé que chez eux ! 950 philippins partent chaque jour pour travailler pour des entreprises étrangères. Sauf que le gouvernement philippin, loin d’être inquiet de ces départs massifs de travailleurs, exploite le filon et les encourage à partir puisque les travailleurs ont l’obligation de recevoir leur salaire dans des banques philippines, qui prélèvent pour l’État un tiers du salaire perçu. En outre, ces travailleurs sont tenus de dépenser 80% de leur salaire de base dans l’économie philippine. Ces hommes vivent constamment sur un bateau, sacrifient entièrement leur vie personnelle. Les bateaux n’ont pas de connexion internet ni de téléphone pour les équipages, qui embarquent souvent pour 10 mois. Voilà un beau paradoxe : les travailleurs qui se trouvent au cœur de la mondialisation sont coupés de tout. Ils travaillent en moyenne 72h par semaine, sont rongés par le stress et le manque de sommeil. Marin est le 2e métier le plus dangereux au monde ! Et d’ailleurs, 2000 marins perdent la vie chaque année. Les cargos ne sont pas en reste dans ces statistiques, puisque 120 d’entre eux coulent par an, soit presque un tous les 3 jours. Les victimes de ces naufrages, quand il ne s’agit pas de touristes mais de personnes qui transportaient nos bananes, importent peu à nos médias… 60% des incidents de navigation sont dus à une erreur humaine, à cause du stress ou de l’épuisement nerveux. C’est vous dire que travailler sur un cargo ne doit pas être une sinécure.

Transport maritime

C’est drôle, en tapant « pavillon libérien » sur google, voici le genre d’images sur lequel on tombe!

L’autre facteur de naufrages, c’est la vétusté des navires : la plupart des navires naufragés avait plus de 25 ans. On refait un détour par les pavillons de complaisance : ceux-ci permettent aussi de ne pas respecter certaines normes d’entretien. Il vous intéressera peut-être de savoir que la moitié de la flotte actuelle est composée de pétroliers. Le déversement de pétrole brut dans la mer est estimé à 150 000 tonnes par an, soit selon les estimations, 2,5% de la pollution des mers. Selon l’organisation maritime internationale (OMI), qui est une branche des Nations unies, la durée de vie moyenne des navires est de 30 ans.

Des pollutions multiformes

Ensuite, on les échoue sur des plages asiatiques qui se sont transformées en cimetières pour bateaux, où leur dépouille, non contente d’y avoir consacré sa vie, continue de polluer les océans dans la mort.Transport maritime

Mais les naufrages ne sont pas les seuls fauteurs de trouble. La pratique du dégazage est extrêmement nocive elle aussi. Elle consiste à nettoyer les moteurs et les cales avec de l’eau de mer qui est ensuite rejetée, et qui représente 1,8 millions de tonnes par an, ou 5000 tonnes de produits toxiques déversés par jour dans la mer.Transport maritime

Enfin, outre la pollution, les cargos ont un effet important sur le déséquilibre des écosystèmes car pour équilibrer leur cale ils la remplissent d’une eau qu’ils vident ensuite à des milliers de km, une fois qu’ils sont équilibrés. Ce faisant, ils embarquent puis débarquent des espèces vivantes qui deviennent invasives dans leur nouvel environnement, où elles ne trouvent plus de prédateur. Il s’agit d’un vrai sujet de préoccupation pour l’Europe, qui dépense chaque année 12 milliards d’euros pour tenter d’en venir à bout. Les espèces invasives sont responsables de 42% des extinctions des espèces aquatiques de la planète.

Continuons sur le chapitre de la faune aquatique, en nous intéressant plus précisément aux animaux marins qui communiquent avec des émissions sonores. Les moteurs des cargos, extrêmement bruyants, sont fixés à la coque en acier, créant un effet tambour composé de très basses fréquences. Pour imaginer un équivalent phonique à notre échelle d’humains, cela représente 100 fois le volume sonore d’un avion à réaction. Les études supposent qu’un tiers des cétacés souffriraient de lésions auditives irréversibles liées à la pollution sonore des navires de fret maritime. Désorientés, ces animaux dépriment et finissent pas s’échouer sur les côtes. J’en ai la preuve dans le récit d’une camarade qui a passé un an sur la côte Nord de l’Ecosse, et m’a expliqué que là-bas, les explosions de baleines sont chose courante. Les explosions de baleines ?? Oui, parce que pour des raisons que ma camarade ne s’expliquait pas vraiment, de nombreuses baleines viennent s’échouer sur les plages, et comme elles ne sont pas faites pour être sur terre leur cadavre se met à fermenter si fort qu’elles finissent par en exploser à grand bruit. Sans être militante de la cause animale, je trouve cela affreux. Tapez « explosion de baleine » sur youtube, vous verrez… On ne pourrait pas leur ficher la paix, à tous ces animaux qui ne demandent qu’à vivre leur petite vie de créatures ? Transport maritime

Je me permets ici de lancer une réflexion qui sera peut-être sujette à débat. Cette découverte est l’une des raisons pour lesquelles je ne suis pas végane. Faire venir des produits de l’autre bout du monde par bateau pour me fournir des alternatives aux produits d’origine animale ne me paraîtrait pas cohérent. Je préfère acheter du miel à un apiculteur que je connais, dont j’ai vu les pratiques, dont je sais qu’il aime et respecte ses abeilles, plutôt que de faire venir du sirop d’agave par bateau et concourir à cette hécatombe d’animaux marins. Ceci dit, pour l’instant je n’ai pas encore supprimé de mon alimentation tous les produits importés…

Après la pollution sonore, revenons à la pollution chimique : les moteurs de ces monstres des mers sont omnivores, ils peuvent consommer n’importe quel type de carburant, pourvu que ceux-ci soient inflammables. La consommation peut aller jusqu’à 200 tonnes par jour, ce qui implique la nécessité pour nos braves armateurs de rechercher ce qu’il y a de moins cher. Pour la grande majorité, c’est donc le fuel résiduel qui est utilisé, c’est-à-dire ce qu’il reste lorsque le pétrole brut a été raffiné. Ce liquide contient de haute concentrations de souffre ainsi que des résidus de métaux, cendres et autres particules. Il y a dix ans, des scientifiques ont étudié les effets de ce carburant sur les régions littorales. Ils se sont rendu compte qu’en termes d’émission de souffre, un seul de tous ces bateaux générait l’équivalent de 50 millions de voitures !!! Sisi. Donc, pour ce qui est du souffre les 20 plus grands cargos du monde polluent à eux seuls plus que toutes les voitures de la planète.Transport maritime

Le dioxyde de souffre nuit à notre appareil respiratoire, sans avoir encore été désigné comme cancérigène. Le documentaire fait un arrêt dans la ville portuaire de Newark, dont le quart des habitants est asthmatique à cause du combo cargos-camions. Le dioxyde de souffre est aussi responsable des pluies acides qui provoquent une importante érosion des roches et des bâtiments, sont un danger pour certaines espèces animales, mais le plus important, c’est que cette pollution acidifie les océans, portant atteinte au phytoplancton qui produit la moitié du dioxygène que nous respirons. Une objection à ce constat serait de dire qu’il n’est pas plus nocif de consommer du fuel résiduel que du pétrole raffiné car le raffinage consomme énormément d’énergie et pollue beaucoup, si l’on compte en plus les différents trajets qui ponctuent ce processus de transformation. Le fuel résiduel, avant d’arriver dans le ventre du bateau, a été moins impactant pour l’environnement que le pétrole raffiné. D’accord, mais là on se demande s’il faut choisir entre le viol et le meurtre. Je pense donc que ce débat est marginal par rapport à la question de fond. De toute façon, ce n’est pas le choix du carburant qui changera le fait que nos modes de consommation mondialisés nous envoient dans le mur.

Pour ce qui est des émissions de gaz à effet de serres estimées de la marine marchande, elles représenteraient l’équivalent de celles du Canada, et seraient à elles seules responsable à 4% du réchauffement climatique. Les chiffres à mon avis ne peuvent être basés que sur des estimations approximatives, et là encore il serait dommage de se détourner du vrai problème pour discutailler de leur exactitude.

Notre devoir d’agir, notre pouvoir de changer les choses

Chaque année, la banquise arctique perd plus de 37 000 kmètres carrés de sa surface, soit plus que la Belgique et le Luxembourg réunis. Bonne nouvelle pour les armateurs, cette réduction de la surface de la banquise ouvre de nouveaux passages pour les navires à l’ouest et à l’est du pôle nord. On se rend compte avec horreur de l’enjeu géopolitique que représente la fonte des glaces, dont les responsables exploitent les avantages : elles permettent de réduire les distances et les coûts de transport entre les grands ports asiatiques et européens. Les scientifiques estiment que d’ici 2050 toutes les glaces auront disparu et ces voies maritimes seront navigables toute l’année. Trop chouette!!

La nature a beau être résiliente, nous en sommes arrivés à un point où nous infligeons plus de dégâts qu’elle ne peut en endurer. Stop au massacre ! Réapproprions-nous une planète dont quelques gros industriels ont cru pouvoir faire leur terrain de jeu ! Et non, nous ne sommes pas impuissants face à ce phénomène, car c’est nous qui les faisons vivre en achetant les produits qu’ils transportent. C’est pour nous qu’ils se baladent, tous ces bateaux ! Si nous n’en voulons plus, ils disparaîtront.

Et vous voulez la preuve du fait que nous sommes les seuls à pouvoir agir ? Eh bien regardons d’un peu plus près le fonctionnement de l’OMI, institution internationale destinée à réguler la marine marchande. Devinez par qui est financée l’OMI ? Par ses Etats membres. Devinez en fonction de quoi sont calculées les contributions ? En fonction de la taille de la flotte portant le pavillon de l’Etat. Devinez donc quels sont ceux qui financent la plus grande part du budget de l’OMI ? Les Etats proposant des pavillons de complaisance, ceux-là mêmes qui exploitent économiquement l’absence de réglementations sociales et environnementales. Cette industrie a rapporté plus de 700 milliards de dollars au gouvernement libérien, dont la population vit avec 1,5 dollar par jour. L’argent tiré de la vente de ce glorieux pavillon a longtemps financé la guérilla menée par les milices du dictateur Charles Taylor, qui a causé le massacre d’environ 250 000 personnes et le déplacement de 1,5 millions de personnes. Et vous savez quoi ? Vous et moi en sommes les responsables. Quand on se retrouve tout embêté avec des millions d’immigrants sur les bras, ça ne vient pas de nulle part et ça vient même souvent de nous, en fait.

La marine marchande est l’un des marchés mondiaux qui connaissent la plus impressionnante croissance. Mais ce que le concept de croissance ne prend pas en compte, c’est que bientôt les mers ne seront plus assez grandes pour accueillir toutes ces coques, et qu’une fois nos ressources épuisées, elles ne seront plus que coquilles vides sans rien à transporter. Agissons avant qu’il ne soit trop tard.Transport maritime

Le propos de ce reportage n’est pas tant de diaboliser le fret maritime que de nous faire réfléchir sur les implications de nos choix de consommation. Oui, le fret maritime reste encore aujourd’hui la solution de transport la moins polluante, si l’on persiste dans un modèle fondé sur l’import-export. Le moins polluant, alors vous imaginez le reste?… La vraie solution est, nous le savons tous, de relocaliser les économies et de consommer des choses qui viennent de plus près, d’encourager le transport ferroviaire continental. Réapproprions-nous ce que nous achetons ! Vous trouvez cela normal, de ne pas pouvoir connaître l’origine de la plupart de ce qui constitue votre environnement quotidien, ni les conditions dans lesquelles cela a été produit et acheminé ? Nous avons un rôle crucial à jouer, et c’est maintenant qu’il faut l’endosser, fût-ce au prix de certains sacrifices.

Bon, je vous ai un peu eus avec mon titre, je sais que j’aurais plutôt dû l’intituler: « tout ce que vous ne voulez PAS savoir sur le transport maritime », mais en même temps j’ai écrit cet article pour que vous le lisiez, donc j’ai fait pragmatique^^

Ce n’est pas parce que nous avons été habitués à acheter beaucoup pour pas cher, à avoir à disposition des produits du monde entier, que cela est bon pour nous. Même si nous en tirons du plaisir, si de telles habitudes s’avèrent suicidaires nous devons y renoncer. Quel est le plus important pour vous ? Consommer à volonté sans vous priver de rien, ou savoir que vos enfants et vos petits enfants auront aussi de quoi vivre dignement, même si cela implique de vivre dès aujourd’hui plus simplement ? Parce qu’il ne faut pas se voiler la face : nos niveaux de vie baisseront bientôt d’autant plus brusquement que nous continuerons de les maintenir à ce niveau. Toutes les ressources naturelles dont nous jouissons encore à bombance vont bientôt devenir hors de prix, et si nous n’y sommes pas préparés nous le vivrons très mal. Pensez donc au patron de Nestlé qui, suite à l’étude qu’il a diligentée sur les ressources en eau de la planète, a déclaré que l’accès à l’eau ne devait plus être considéré comme un droit.

Transport maritime

Source: blog de l’association courgettes et cie

Le changement radical et brutal est difficile, alors le mieux est de commencer aujourd’hui à changer progressivement, pour éviter d’en arriver à un point où de toute façon la misère s’imposera à nous.

Je reconnais que ce bilan n’est vraiment pas réjouissant, et s’attrister n’est pas constructif. Considérons ce constat sombre comme un tremplin vers des attitudes positives de transformation. Action !!Transport maritime

Sinon, j’ai un petit fantasme, c’est de redorer le blason de la marine marchande à voile, donc si c’est un truc qui fait vibrer vos imaginaires de pirates et de sirènes dites-le moi pour qu’on encourage ensemble l’Hermione à repartir en mer^^

No Comments

Leave a Reply