Désintox

Le festival zéro déchet

festival zéro déchet

Bonjour à tous!

En ce nouveau début de semaine, je souhaiterais vous faire bénéficier ce que j’ai vécu et découvert durant les trois jours du Festival zéro déchet à Paris les 29, 30 juin et 1er juillet. Le festival a accueilli plus de 5000 visiteurs durant ces trois jours, preuve que le zéro déchet n’est pas un vague délire de marginal 😉

En tant que bénévole, j’ai eu la chance de vivre l’expérience de l’intérieur et je ne le regrette pas!!

J’ai été impressionnée par le travail titanesque d’organisation réalisé par l’équipe de Zero Waste France, dont les membres n’ont pas beaucoup dormi durant le mois précédant l’événement…

Le programme était d’une richesse surprenante, entre conférences, projections et ateliers simultanés et successifs sur tous les aspects de la réduction des déchets et du gaspillage.

festival zéro déchet

Je citerai par exemple des ateliers maquillage zéro déchet, déodorant, crème hydratante et autres cosmétiques, ateliers compost, ateliers collaboratifs et inventifs, atelier fabrication de sacs à vrac, réparation de téléphones, tablettes, lave-linges, et tant d’autres…

festival zéro déchet

Parmi les conférences, nous avons pu écouter Robert Reed, qui avec Recology a accompagné la transition d’une ville entière telle que San Francisco vers le zéro déchet, ou encore d’Ercolini qui a fait la même chose avec Capanori, une ville d’Italie, Alexandre Garcin qui travaille en vue de cet objectif dans la ville de Roubaix, et enfin la responsable ESS de la mairie de Paris ainsi que l’adjointe à la maire de Paris qui témoignent d’un fort engouement pour cette démarche. Cyril Dion nous a aussi fait l’honneur de sa présence, tout comme Philippe Bihouix, Béa Johnson et les parents de la Famille zéro déchet.

festival zéro déchet

On a pu entendre parler d’obsolescence programmée, d’upcycling, de consigne, de réglementation, de vente en vrac, de tri, d’alimentation, et encore d’innombrables sujets riches et passionnants (si si).

Les déjeuners étaient délicieux (c’est important quand même!)

festival zéro déchet

Voici ce dont j’ai pris conscience:

  • Chacun des petits Occidentaux que nous sommes produit en fait beaucoup plus que les 390kg annuels officiels, qui ne sont en fait que la partie émergée de l’iceberg. En fait, si l’on compte les déchets qu’il a fallu produire pour produire les produits que l’on achète (mais ça faisait quinze fois produits) et qui deviennent à leur tour des déchets, c’est énorme. Et si l’on rajoute en plus les déchets du BTP, de l’industrie et de l’agriculture liés à notre consommation, je ne vous raconte pas: on arrive à 50 tonnes par européen et par an!!! Et vous savez quoi? Ce n’est pas si grave, puisqu’en fait, 35 de ces 50 tonnes sont délocalisées, elles salissent les pays en développement.
  • Le zéro déchet, c’est pour tout le monde!! Eh oui, parce de nombreuses personnes de toutes situations sociales et familiales sont montées sur scène pour témoigner, et elles ont toutes une chose en commun: après seulement quelques mois de transition, elles ne voient pas vraiment ce qui a changé dans leur quotidien, à part le volume de leur poubelle et celui de leur porte-monnaie. Cela paraît une montagne lorsque l’on réalise que l’on va devoir changer pas mal de ses habitudes, mais en fait dès que l’on entre dans l’action on est beaucoup moins effrayé! Tous ont dit la même chose: le plus important, c’est de s’y mettre, de façon imparfaite mais volontaire et progressive. De commencer par un élément, qui nous motive, et de s’attaquer à un élément à la fois au gré de notre envie.
  • S’engager dans le zéro déchet au niveau collectif, c’est possible!! Cela implique juste de bien choisir ses élus. Ceux d’entre eux qui nous ont partagé leur expérience manifestaient un tel enthousiasme que c’était à se demander pourquoi toutes les villes ne sont pas déjà dans cette démarche. Leur boulot, pendant plusieurs mois, a été d’inspecter les poubelles des habitants pour comprendre quelles étaient les plus grosses sources de déchet et pour s’attaquer à la source du problème, priorité par par priorité. Évidemment, l’accent a été mis sur le compostage et la collecte des déchets organiques.
  • Le zéro déchet est une mine d’or en termes d’emploi, d’activité économique et de budget pour les collectivités: il a permis aux villes en marche de multiplier au moins par trois le nombre d’emplois dans ce secteur tout en diminuant les coûts de gestion!
  • Un monde presque sans déchet est non pas utopique, comme certains essaient de le croire pour ne pas se sentir obligés de faire des efforts, mais bien possible: cela est déjà à l’œuvre à certains endroits, et ça marche très bien!!

 

festival zéro déchet

Ce que j’ai préféré:

  • Le lieu: connaissez-vous le Cabaret Sauvage? Magnifique!! Un chapiteau aménagé dans le style des années 30, ambiance cirque chic avec ses différents espaces intérieurs et extérieurs au bord d’un canal. Il paraît qu’il abrite plein de super concerts, voilà qui donne envie d’y retourner!

 

  • Les super rencontres que j’ai faites dans les équipes bénévoles et parmi les entrepreneurs présents, et tous nos moments de partage;

    festival zéro déchet

    Briefing des bénévoles sous le chapiteau la veille du premier jour

 

festival zéro déchet

  • L’intervention de Jérémie Pichon de La Famille zéro déchet, avec un discours simple et des données frappantes (notamment l’histoire d’iceberg dont je vous ai parlé au-dessus);
  • Une table ronde simple et drôle faisant interagir différentes personnes vivant la démarche zéro déchet, dont, chose intéressante, un jeune ayant adopté cet engagement avec ses colocataires!
  • Le film Trashed que je souhaitais voir depuis longtemps, projeté sur la  péniche cinéma. Bon, j’avoue, dommage que ce soit le dernier truc auquel j’aie assisté parce qu’il a un peu bousillé l’effet positif de tout le reste du festival sur mon moral, mais j’ai découvert des choses super importantes dont je n’avais pas du tout conscience! Je vous en parlerai dans un des articles de la semaine prochaine.festival zéro déchet

Alors, partants pour une nouvelle édition en 2017??

Désintox

Végan or not végan? #1

végan or not végan

La question de la viande est incontournable si l’on réfléchit en profondeur à ses choix de vie et à leur cohérence globale. Alors qu’il y a quelques années, les postures végétarienne, végétalienne et végan étaient surtout considérées comme des engagements en faveur du bien-être animal, aujourd’hui on prend conscience que ce sujet touche également aux domaines de l’écologie et de la santé. De mon côté, c’est l’écologie qui m’a amenée à m’interroger sur ces questions.

PS: le choix de la photo est humoristique, je ne mange presque plus de produits animaux et pourtant je n’ai jamais mis d’herbe dans mon assiette 😉

Quelques petites définitions pour commencer:

végétarien: ne mange pas de viande ni de poisson, mais peut manger des produits laitiers et des œufs.

végétalien: ne mange pas de produits animaux ou issus d’animaux, donc le poisson, les produits laitiers et les œufs sont exclus.

végan: en plus d’une alimentation végétalienne, le végan s’intéresse à tout ce qui touche de près ou de loin l’exploitation animale. Il ne porte donc pas d’habits contenant de la laine ou du cuir, etc.

Le sujet abordé dans cet article est très sensible, et sujet à de nombreux débats plus ou moins houleux. En effet, en plus d’intégrer des enjeux importants tels que la souffrance animale, l’écologie ou la santé, il touche à l’alimentation, domaine où se croisent les idéologies les plus folles et diverses, et où il est très difficile de démêler le vrai du faux, le probable du certain. Alors, faut-il ou non utiliser les animaux pour se nourrir (et se vêtir)?

J’aborderai cette question en vous donnant mon avis sur chacun des trois aspects qui y entrent en jeu, soit: la cause animale, l’écologie et la santé. Je le dis d’emblée: je ne prétends pas détenir la science infuse et suis ouverte à la discussion. Toutefois, comme tout le monde n’a pas le temps de s’interroger en profondeur sur tous les sujets complexes de la vie, je me permets de partager ici mes découvertes, mes interrogations et le fruit de mes réflexions, pour aider ceux d’entre vous qui se posent des questions à aller un peu plus loin dans cette voie de questionnement, quelle que soit l’opinion que vous en tirerez finalement.

Comme le sujet est vaste, j’ai décidé de le découper en trois articles. Ce premier article consistera à s’interroger sur nos choix de consommation et nos mentalités au vu de la cause animale.

Ma haine originelle du militantisme

Pendant longtemps, j’ai détesté le militantisme végé-végan, souvent un peu trop porté sur la violence et le désir de choquer. De plus, je trouvais bête de consacrer autant d’énergie à défendre les droits des animaux alors que sur Terre tant d’hommes vivent dans des conditions bien pires que celles de bon nombre de bêtes, et qu’il aurait mieux valu commencer par là.

Les catholiques, la Genèse et la viande

En plus, en tant que catholique, j’avais retenu du livre de la Genèse que Dieu nous avait donné la Terre et les animaux pour que nous les dominions. Note aux catholiques, donc: dans ce livre, Dieu a aussi dit qu’il donnait à manger aux animaux l’herbe du sol et à l’Homme les fruits des arbres, à aucun moment n’est mentionnée la nature carnivore de l’Homme. Sans compter que la signification de « domination » dans la Bible connote la responsabilité plus que l’asservissement. Je ne pense donc pas que l’on puisse fonder une conduite alimentaire, quelle qu’elle soit, sur le récit de la Création.

Pourquoi la cause animale a sa place dans une recherche engagée du bien général, et comment le militantisme en ce sens pourrait se rendre plus accessible

La raison pour laquelle nous nous entretuons, laissons des frères humains mourir de faim ou en exploitons d’autres est exactement la même que celle qui nous pousse à élever et massacrer les animaux: la recherche du profit, du gain de temps, la flemme de se poser les vraies questions. Aujourd’hui, je me rends compte le combat humaniste n’empêche pas le combat animal et vice-versa, et que mon rejet de la cause animale venait simplement en réaction à l’attitude agressive de certains militants. Ayant moi-même parfois des envies de meurtre lorsque je vois un proche utiliser la moitié d’un rouleau de sopalin pour essuyer un peu d’eau sur son plan de travail, je peux comprendre cette attitude révoltée. Mais si certains militants me lisent, je vais me permettre une humble suggestion: même si c’est difficile, essayez d’aborder le sujet avec douceur, sans culpabiliser les gens et en leur expliquant calmement certaines réalités dont ils n’ont pas conscience, sinon vous desservirez la cause que vous défendez.

Prenons du recul: les animaux et nous

J’ai honte aujourd’hui d’avoir rejeté en bloc le combat de ces personnes, sans me poser plus de questions sur les réalités qu’elles dénonçaient. Je ne m’attarderai pas sur la question de savoir si un animal est ou non un être sensible qui peut souffrir. Pour moi la réponse est claire: oui! Essayez simplement de vous rappeler quel rapport vous aviez avec les animaux étant petit(e)s, lorsque votre âme était vierge de tout désir d’argent, de tout besoin de vous donner bonne conscience. On se pose tellement peu de questions… Lequel d’entre nous n’a pas craqué devant un poussin, un bébé lapin, un agneau? Qui d’entre nous déteste assez les animaux pour vouloir se rendre responsable de leur souffrance? Les seuls capables de répondre « moi » peuvent continuer à ne pas se poser de question et arrêter là leur lecture.

Pour les autres, acceptons d’y réfléchir d’un peu plus près et de comprendre ce qu’implique le fait de consommer des produits d’origine animale. Je ne vais pas la jouer photos choc, même si en général ça permet de comprendre efficacement que la réalité est bien pire qu’on ne pouvait l’imaginer. Je me contenterai de synthétiser grossièrement les conditions de production des produits laitiers, de la viande, des œufs, du miel et de la laine, et je vous présenterai les conclusions que j’en tire.

Les produits laitiers

Les animaux ne sont pas faits pour produire autant de lait

Les laitages ne sont ni plus ni moins que le résultat d’une exploitation de la vache, de la chèvre et de la brebis pour laquelle elles ne sont pas du tout faites et qui entraîne leur mort prématurée par épuisement. Pour leur faire produire du lait en continu, on les engrosse à l’infini par des techniques répugnantes. On traite leurs organes sexuels comme des machines. Et pour ne pas qu’ils nous piquent du lait, on leur enlève presque immédiatement leurs petits, qui partent à l’abattoir. Quand la vache tombe d’épuisement, elle finit au même endroit que ses veaux. Si vous êtes curieux d’en savoir un peu plus, allez faire un tour sur mon article sur les yaourts végé. Du coup, moi qui aime tant les bons yaourts, je suis passée par une grosse remise en question: si les vaches, chèvres et brebis ne sont pas faites pour produire autant de lait, suis-je faite pour m’alimenter avec leur lait? Logiquement, non. D’ailleurs, je suis bien placée pour l’affirmer, parce que les produits laitiers me donnent des boutons et le rhume!

Végétarien pour les animaux: le paradoxe

J’en profite pour expliquer qu’à mon sens, un choix alimentaire végétarien militant au sens de la définition ci-dessus est incohérent: manger des produits laitiers alors que l’on est contre la souffrance animale et les abattoirs, ça me paraît bizarre. Le seul végétarien cohérent reste à mes yeux celui qui fait ce choix pour des raisons purement sanitaires (j’y reviendrai dans le troisième article sur la santé).

La viande

Les conditions d’abattage: gros flou

Avec les récents et nombreux scandales dans les abattoirs dont vous avez tous dû entendu parler, je pense que vous avez déjà conscience des conditions affreuses dans lesquelles certains animaux peuvent être tués (et là je ne vous parle même pas de la fabrication des nuggets Macdo…). Le problème, c’est qu’il est très difficile de savoir comment a été tué l’animal que l’on achète à la boucherie (sans parler de celui que l’on achète en supermarché). En effet, la réglementation oblige les éleveurs à envoyer leurs bêtes dans des abattoirs, ces derniers ne peuvent pas les tuer eux-mêmes et n’ont donc aucun contrôle sur leur fin de vie. Je ne connais pas assez bien les pratiques réglementaires en abattoirs (ceux où il n’y a pas de scandales), je ne saurais donc pas vous dire si celles-ci sont faites pour que les animaux ne souffrent pas. Le problème auquel on revient toujours, c’est que face à un modèle de distribution de masse, il faut faire vite pour produire le maximum possible, donc on ne peut pas vraiment prendre le temps de faire attention au bien-être des animaux que l’on voit passer. Toutefois, le boucher en bas de mon ancien logement, également éleveur, m’avait raconté que l’abattoir se trouvait juste à côté de sa ferme, qu’il y amenait lui-même les bêtes et était rassuré de travailler avec une entreprise si proche de chez lui. Je ne lui ai pas demandé s’il avait déjà assisté à l’abattage, mais ça m’a fait penser que certains circuits doivent être plus transparents que d’autres.

Les conditions d’élevage: la loose!

Le problème tient également aux conditions de vie elles-mêmes des animaux, souvent entassés les uns sur les autres dans des conditions insalubres, voyant très peu voire pas la lumière du jour et l’herbe des prés, alimentés n’importe comment (souvenez-vous du scandale de la vache folle). Même si la souffrance animale n’est pas mon premier cheval de bataille, je n’ai pas envie de participer à de telles pratiques. Cela peut être évité si vous connaissez l’éleveur auquel vous achetez votre viande.

Conclusion:

Si vous voulez manger de la viande sans participer à un système d’exploitation à outrance, la meilleure solution est de revenir vers l’achat en circuit court. Vous ne pouvez pas acheter responsable en supermarché, fuyez les grandes surfaces!!

Parlons maintenant chasse.

Les animaux se chassent entre eux pour se nourrir, alors pourquoi ne pourrions-nous pas chasser nous aussi, nous qui faisons partie du règne animal? Le problème est la disproportion des moyens: avec nos fusils, il nous faut peu d’efforts par rapport à ceux que doit fournir n’importe quel animal pour parvenir au même résultat. Si tous les Occidentaux consommaient la même quantité de viande qu’actuellement en l’obtenant de la chasse au fusil, ils se retrouveraient vite à court d’animaux à chasser. Du coup, il faudrait chasser soit en se limitant dans la quantité de bêtes tuées, soit à la lance^^ Cela ne règle pas la question de la souffrance de l’animal, mais je ne m’y connais pas assez en chasse pour en parler. Ce que je peux dire, par contre, c’est que la souffrance animale existe forcément lorsque les animaux se chassent entre eux, c’est une réalité naturelle, même si cela doit se comprendre dans les limites du nécessaire: un animal ne chasse que pour ses besoins essentiels.

Cessons de rejeter aussi systématiquement la souffrance!

Nous vivons une époque où la souffrance est totalement rejetée, comme quelque chose qui serait forcément mauvais. Pourtant, celle-ci fait partie intégrante de l’existence de tous les êtres vivants! Nous sommes conscients du fait que la souffrance nous fait grandir, comme l’expriment les chansons ou les expressions telles que « ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». Notre rejet de la souffrance nous infantilise, nous fige, nous fait rater des expériences de vie très riches. Que se passerait-il si les animaux arrêtaient de se chasser entre eux par peur de se faire souffrir? Ils disparaîtraient.

La souffrance d’un animal comporte un sens positif: à l’échelle de la nature, il s’agit d’un sacrifice réalisé pour perpétuer la vie. En ce sens, certaines ethnies qui ont su conserver un rapport plus humble à leur place dans l’univers font une prière et remercient l’animal pour la viande qu’il va leur donner avant de le tuer. Puisque nourrir un être humain ne vaudrait pas le coup de faire souffrir un animal, une partie du militantisme anti souffrance animale implique donc que l’homme serait étranger au règne naturel, ce qui peut paraître paradoxal. Le souci, c’est que de fait, comme l’être humain s’est nettement affranchi du règne naturel, il est difficile d’intégrer sa façon de s’alimenter actuelle à cet équilibre…

C’est l’empathie qui nous pousse aujourd’hui à nous poser autant de questions. L’empathie fait partie des traits typiquement humains, ce qui fait que dans le règne animal nous serions les seuls à être capables de rechigner à tuer un autre animal pour assurer notre propre survie, de peur de le faire souffrir. Heureusement, cette empathie vient compenser nos potentialités de nuisance, qui sont également propres à la race humaine. Puisque nous nous sommes extraits de l’écosystème naturel, heureusement que nous avons l’empathie pour essayer d’y rétablir un certain équilibre artificiel. Donc, les saucisses végé sont de ce point de vue un des résultats de cet équilibre artificiel que nous essayons d’établir par empathie^^. Le problème, c’est que les saucisses végé, c’est emballé et industriel. Alors équilibrer du naturel avec de l’industriel, je pense que cela a ses limites. Refuser d’un bloc toute forme de souffrance animale à court terme, c’est bien dans l’idée, mais si cela implique de faire fonctionner un système de production qui détruit l’environnement de vie de ces animaux, alors c’est se mordre la queue. Bref, c’était la minute philo!

Les œufs

Je vous avoue que je ne suis pas sûre d’avoir entièrement cerné toutes les raisons pour lesquelles les végétaliens et végans ne mangent pas d’œufs. Une chose est sûre: les œufs que nous achetons dans les supermarchés impliquent le tri des poussins à la naissance. Les mâles, inutiles, sont directement broyés, et les femelles seront pour la plupart enfermées toute leur vie jusqu’à finir empalées sur une rôtissoire. Je réitère donc ici pour les végétariens stricto sensu ce que j’ai dit à la fin de mon explication sur les produits laitiers.

Il me semble que si l’on a son propre poulailler ou si l’on connaît le maraîcher auquel on achète ses œufs, on peut éviter de contribuer au massacre des poussins mâles, et on sait que les poules ont une vie confortable, même si on se doute qu’elles finiront dans le four de la maraîchère. Ceci dit, elles ne passeront pas par l’abattoir, et pour connaître certaines personnes qui élèvent leurs poules, je peux vous garantir qu’elles font attention à ne pas les faire souffrir au moment où elles les tuent, et qu’elles n’ont vraiment aucun plaisir à le faire. On entre donc ici plus dans l’équilibre naturel dont je parlais au-dessus.

Une chose est sûre: si vous voulez minimiser votre impact sur la souffrance des animaux mais que vous n’êtes pas prêt à renoncer aux produits d’origine animale, commencez par en acheter en circuit court à des personnes dont vous connaissez les pratiques et dont vous savez qu’elles aiment leurs bêtes!

Le miel

Si les abeilles produisent du miel, à la base, c’est pour se nourrir elles! Du coup, manger leur miel c’est un peu du vol. Vous pouvez visionner cette vidéo pour vous faire une idée de ce qu’implique le fait d’acheter du miel en supermarché: la récolte industriel du miel, ou le meilleur film d’horreur de 2016! Là encore, il est important de connaître l’apiculteur auquel on achète son miel, de savoir quelles sont ses techniques de récolte, comment il traite les abeilles, s’il leur laisse leur part. Les végans utilisent des substituts tels que le sirop d’agave, mais comme je l’explique dans cet article sur le transport maritime, je ne suis pas sûre que cela vaille le coup de tuer des baleines pour protéger des abeilles dont l’apiculteur, si on fait l’effort de bien le choisir, prend soin pour nous…

La laine

Qui eût cru que nos jolis pulls en laine étaient cause de souffrance animale? Je suis tombée des nues en lisant cet article sur le blog Antigone XXI. Cela m’a fait passer l’envie de m’acheter des pulls en laine ou en cachemire dans les grandes enseignes. C’est justement là le souci: ce sont nos modes de consommation de masse, et donc d’élevage, qui sont responsables des conditions ignominieuses dans lesquelles vivent les animaux que l’on exploite pour satisfaire nos besoins! Comme pour les abattoirs, si on a plus de 1000 moutons à traiter vous vous doutez que l’on ne va pas s’embêter à se demander si on leur fait mal ou pas. Si nous avions chacun nos trois moutons dont nous tondions la laine mais dont nous prenions bien soin, en veillant à ce qu’ils n’aient pas froid, n’attrapent pas de cochonneries et vivent une vie de moutons heureux, nous n’aurions pas tant de questions à nous poser…


CONCLUSION

Même si je ne consomme plus de viande ni de produits laitiers, sauf lorsque je suis invitée, toutes ces découvertes et réflexions bout à bout ne m’ont pas tant convaincue de devenir végan que de retourner à la terre pour assurer moi-même mes besoins: on n’est jamais mieux servi que par soi-même, surtout quand on veut savoir comment a été produit ce que l’on consomme! Le retour à la paysannerie et aux petites unités de production et d’élevage, la relocalisation de la production ainsi que le renouveau du lien social entre consommateur et producteur est pour moi la meilleure réponse à la grande question des produits animaux: il faut ne consommer que ce dont on a vraiment besoin, donc moins, et de l’authentique, du local, du direct! Je reviendrai sur cette question des besoins dans le chapitre sur la santé. Voir plus petit, plus local, plus humain, c’est se tourner vers une consommation plus encrée dans l’ordre naturel des choses.

Vous l’avez donc compris: pour moi, la souffrance fait partie de toute vie, et elle peut avoir un sens lorsqu’elle est proportionnelle au bien qu’elle va engendrer à l’échelle de l’équilibre global des espèces vivantes. Vouloir éluder toute forme de souffrance animale me semble irréaliste et créera forcément des déséquilibres à d’autres niveaux (exemple des abeilles et des baleines). Par contre, je suis convaincue que l’on peut parvenir à une certaine forme d’équilibre en relocalisant totalement sa consommation et en diminuant la quantité de produits d’origine animale que l’on achète.

Je suis contente d’avoir pu aborder ici la thématique de la souffrance animale, qui bien souvent est totalement éludée par les omnivores car considérée comme dénuée d’intérêt. J’espère que les camarades omnivores qui ont eu le courage de lire cet article jusqu’au bout l’auront trouvé intéressant, ainsi que les personnes qui ne consomment plus de produits d’origine animale.

J’ai hâte de vous parler du rapport entre consommation de produits d’origine animale et enjeux environnementaux! D’ici là, je serai ravie de lire vos avis sur ce premier article dans les commentaires, si vous souhaitez vous exprimer!

Hygiène, beauté, bien-être

Shampoing/après-shampoing 0 déchet

shampoing et après-shamoing naturels et zéro déchet

Les cheveux, ça vous prend vite la tête. Pour ma part, je pense que la transition vers un lavage de cheveux naturel et zéro déchet a été ma plus grosse galère! C’est aussi pour cette raison que j’ai mis du temps à en parler, pour être sûre de ne pas vous raconter n’importe quoi^^

Dans l’absolu, il existe plusieurs solutions pour passer à un shampoing naturel, qui ne contienne plus de tensioactifs et autres poisons qui vous passent direct dans le cerveau:

  • les shampoings faits maison, avec des ingrédients de la cuisine type yaourt, œuf, avocat, citron, qui demandent toutefois une préparation minute et ne se conservent pas. Je n’ai pas testé.
  • les shampoings durs mais attention, pas n’importe lesquels! La marque Lush, par exemple, est peu recommandable car ses produits sont bourrés de trucs chimiques, et en plus c’est super cher!! Il existe des fabricants artisanaux de savons et shampoings durs , tels que par exemple la Savonnerie de Beaulieu, qui font des shampoings entièrement naturels et super agréables d’utilisation. On peut généralement commander en ligne, mais si on ne veut pas d’emballage il vaut mieux profiter d’un salon comme Primevère ou autres, ou du marché ou certains viennent exposer leurs produits de temps en temps, pour faire le plein.
  • le rhassoul, argile rouge orientale dont pas mal de zero waste/vegan/ecolo girls raffolent. Apparemment c’est un peu technique au départ, il a certaines règles à appliquer pour que ça marche bien, mais il paraît que c’est le MUST! De mon côté, comme j’essaie de privilégier autant que possible des produits français, j’ai essayé avec de l’argile blanche et ça a été un des pires échecs de ma vie (je plaisante, j’ai connu de pires expériences encore ^^). Ceci dit, en appliquant à la lettre les règles qui régissent l’art du rhassoul, peut-être qu’on peut quand même le remplacer efficacement par de l’argile blanche ou verte. Quoi qu’il en soit, j’en ai eu marre de pourrir ma douche à chaque shampoing, et en plus maintenant je me lave les cheveux une fois par semaine à la piscine dont l’argile ne me convenait pas trop. NB: à ma connaissance, le rhassoul n’est vendu qu’en paquets emballés.
  • le shampoing à la noix d’Inde, que l’on achète en sacs de 1kg dans le rayon lessive des magasins bio. Ces noix contiennent naturellement de la saponine, et il est possible de les faire bouillir dans un certain volume d’eau pour transformer celui-ci en shampoing liquide naturel. Le hic, c’est que la noix d’Inde vient… d’Inde, et qu’en dessous du sac en tissu dans lequel elle est vendue, il y a aussi un sac en plastique^^
  • La solution pour laquelle j’ai opté au bout de plusieurs mois d’expériences aussi diverses qu’étranges, est, comme souvent bête de simplicité: le Savon de Marseille! Ce bon vieux Savon de Marseille. Il mousse bien lorsque l’on frotte le pain directement sur les cheveux, lave parfaitement le cuir chevelu, vient de France et constitue une solution très économique. Par ailleurs, il convient bien à mes choix minimalistes puisque je l’utilise aussi en savon pour le corps, en savons à main près du lavabo ou de l’évier, en lessive ou en liquide vaisselle. Le pain que j’ai acheté il y a déjà 5 mois n’est toujours pas fini, malgré tous les bons services qu’il nous rend! Enfin, il se transporte facilement dans un tupperware, pas de risque de renversement, et puisqu’il sert pour le corps et les cheveux il permet un gain de place dans la trousse de toilette!
  • Petit rajout au bout de plusieurs mois: il m’arrivait de trouver mes cheveux « pégueux » après certains lavages, sensation hautement désagréable. J’ai voulu tester une solution un peu moins minimaliste, mais qui m’apporterait peut-être un plus grand confort d’utilisation: le shampoing solide. Pour l’instant, c’est la solution que je retiens, car mes cheveux en sortent vraiment légers et soyeux! Le souci c’est que même les shampoings artisanaux et naturels contiennent des tensio-actifs. Ce sont des tensio-actifs doux, et normalement d’origine naturel, mais je ne connais pas encore le sujet suffisamment à fond pour connaître leurs éventuels dangers sur la santé. Voici trois savonneries artisanales que j’aime beaucoup, et qui font de super shampoings solides: La Savonnerie Aubergine, la Savonnerie Folie Verte et la Savonnerie de Beaulieu.

Attention!! Quelle que soit la solution que vous choisissiez pour un lavage de cheveux naturel et zéro déchet (ou presque en fonction des solutions), ne faites jamais l’impasse sur un élément crucial de l’équilibre de vos cheveux et de votre cuir chevelu: l’après-shampoing, ou rinçage au vinaigre blanc ou au vinaigre de cidre. Cela consiste à diluer du vinaigre dans de l’eau et à faire un dernier rinçage de ses cheveux avec ce mélange avant de sortir de la douche. Cela rééquilibre le pH et évite de se retrouver avec des cheveux ultra rêches et un crâne recouvert d’affreuses pellicules.

après-shampoing naturel et zéro déchetPendant longtemps, j’ai trouvé que le rinçage au vinaigre me graissait les cheveux car je ne faisais pas bien mon dosage: il faut mettre très peu de vinaigre et beaucoup d’eau (dans ma bouteille, ça donne 10mL de vinaigre, soit deux bouchons, pour 760 mL d’eau). Je vous conseille une bouteille en plastique avec un bouchon du type de celui sur la photo ci-contre, pour pouvoir régler facilement le débit avec la pression de vos mains.

Hmmm, remplacer les senteurs suaves de mon après-shampoing actuel par une fragrance vinaigrée? Bof… Oui, je comprends et au début l’odeur n’est pas le plus agréable de l’expérience. Cependant, bien doser la quantité permet non seulement d’éviter de se graisser les cheveux, mais en plus de contrôler l’odeur, qui disparaîtra au séchage.

Il est très important de faire ce rinçage, je l’ai expérimenté moi-même de façon flagrante. Le jour et la nuit! De plus, il tonifie le cheveu et fait donc office de démêlant naturel. Côté prix, comparez avec Jean Louis David et revenez me dire ce que vous en pensez^^

De votre côté, où en est votre tignasse dans sa relation avec le zéro déchet? ça se crêpe le chignon ou tout glisse? 😉

Désintox

L’amour peut sauver le monde!!

l'amour peut sauver le monde

On le sait, les choses vont mal. L’être humain détruit son environnement, tue les êtres vivants qui le peuplent, et se livre à une auto-destruction prenant de multiples formes, telles que la guerre ou l’exploitation économique. « Où va le monde? » est une question qui hante quotidiennement nos esprits est nos cœurs. Les ventes d’antidépresseurs sont au top de leur forme, et tout le monde fait la tronche dans le métro.

Pourtant, le monde peut être sauvé, nous pouvons nous réveiller de notre léthargie de robots et bondir de joie face aux merveilles que nous proposent en fait nos existences. Chaque seconde de vie qui nous est donnée est un cadeau précieux que nous avons tendance à laisser prendre la poussière au fond d’un placard!

Selon vous, quelle est la force qui nous a créés? Et quelle est celle qui nous pousse à nous auto-détruire, ou du moins nous empêche de continuer cette œuvre de création?

Pour moi, il existe dans l’univers une puissance plus forte que tout, qui est à l’origine de tout ce qui existe, et qui se fait renaissance lorsque tout paraît désespéré. Cette puissance, c’est l’Amour. L’Amour est un raz-de-marée qui renverse toutes les barrières, une vague que rien n’arrête. Regardez ce que les gens sont prêts à sacrifier par amour, combien chacun d’entre nous est transformé lorsqu’il aime, lorsqu’il est aimé! A mes yeux, il n’existe rien de plus puissant que l’Amour.

Contemplez la beauté de la Terre, des montagnes, des lacs, des rivières, des océans, et de toutes les créatures qui les habitent. Contemplez ce que l’être humain a de magnifique en lui. Rappelez-vous les joies les plus profondes de votre existence. L’Amour est présent dans tout cela. Et je suis convaincue que c’est l’Amour qui a tout créé, dans son harmonie et dans son unité originelles dont toutes les belles choses qui existent témoignent encore.

Et si le monde va si mal, c’est parce que nous n’aimons pas assez. On ne peut pas créer, on ne peut pas grandir, on ne peut pas avancer sans amour.

Cela peut s’expliquer très simplement: croyez-vous que les grands patrons de ce monde, s’ils avaient le cœur inondé d’amour, se livreraient à une telle exploitation des populations pauvres, à une telle destruction de la vie sur cette planète, se comporteraient avec tant d’égoïsme en ne regardant que leur compte en banque qui déborde pendant que le navire prend l’eau? Croyez-vous que chacun de nous, s’il était guidé par l’Amour dans chacun des choix de son quotidien, accepterait d’acheter des objets qui impliquent l’exploitation d’un frère humain, la torture d’un animal ou la dégradation de la nature? Croyez-vous que les politiciens prendraient les mêmes décisions s’ils étaient animés avant tout par l’Amour?

Si aimer était l’objectif de nos journées, le monde en serait transformé. Si nous nous levions chaque jour en nous disant : »Aujourd’hui, je vais dire du bien des autres, je vais donner de la joie à une personne qui souffre, écouter une personne qui a besoin de se confier, rire avec une autre, saisir chaque occasion de prendre soin de cette belle nature qui est le berceau de mon existence et sourire à chaque personne dont je croise le regard, aujourd’hui je vais vivre chaque seconde de mon mieux, avec la ferme intention d’aimer », pensez-vous que nous nous coucherions avec tant de lassitude le soir venu, pensez-vous que le journal télévisé aurait tant de mauvaises nouvelles à nous annoncer?

Et pourtant, pour la plupart d’entre nous, nous nous levons avec le dégoût de la journée de travail qui nous attend, nous mangeons à la va-vite une nourriture morte que de juteuses industries ont préparé pour la santé de leur cotation en bourse plus que pour celle de nos corps et celle de l’environnement, nous prenons des transports où nous pestons contre toutes les personnes avec lesquelles nous sommes agglutinés comme du bétail, nous travaillons sans conviction, avalons avec avidité un repas qui à peine terminé nous laisse une impression de frustration, retournons au travail dans les brumes de la digestion, puis rentrons chez nous fatigués, en ayant le sentiment de passer à côté de nos vies et de ceux que nous aimons.

Parce que l’Amour n’est pas au centre de nos vies, nous développons tout un tas d’inquiétudes qui nous dévorent et nous emprisonnent: est-ce que je vais gagner assez d’argent pour assurer le niveau de vie dont j’ai besoin pour être heureux? Est-ce que je vais vivre en bonne santé? Est-ce que la personne avec qui je suis est assez bien pour moi? Est-ce que mes enfants vont réussir leur vie? Est-ce que je ne devrais pas me faire refaire le nez?

Vivre d’amour et d’eau fraîche n’est pas seulement une expression faite pour les films niaiso-romantiques. Nous sommes faits pour aimer, et il n’y a que l’Amour qui puisse rassasier nos cœurs pour de vrai. Si l’on plaçait vraiment l’Amour et la joie profonde qu’il procure au cœur de nos vies, on aurait besoin de beaucoup moins de choses pour être heureux, on se ferait beaucoup moins de souci et on serait beaucoup moins stressés. Et, de surcroît, on changerait le monde en arrêtant de se regarder le nombril, en cessant de se laisser emporter dans un train-train aveugle favorisant un mode de vie construit sur la consommation, le relativisme et l’individualisme.

La consommation nous place sur une mauvaise longueur d’onde, sur une mauvaise fréquence. Je ne suis pas végétarienne née, et je mange de la viande lorsque je suis invitée chez les gens pour ne pas les vexer, mais je me demande bien comment on peut vibrer en harmonie avec la création, dont on fait partie, en mangeant un morceau de cadavre prélevé sur une bête qui a souffert, transporté en camion, peut-être congelé, puis qui a traîné sur des étals de supermarchés éclairés au néon. Ne pensez-vous pas que notre nourriture, nos vêtements, nos meubles, bref toutes les choses qui composent notre quotidien, sont plus qu’un prix sur une étiquette? Ne pensez-vous pas qu’ils renferment la somme des ondes positives ou négatives qu’ils ont accumulées au cours de leur fabrication, de leur transport, de leur utilisation? Pour ma part, plus je lis et réfléchis, plus j’en suis convaincue.

Je ne suis ni hippie, ni hindouiste. Pour tout vous dire, je suis catholique convaincue, et je pense que Dieu, qui pour moi incarne l’Amour, agit avec les moyens de ce monde, dont font partie les vibrations et les ondes. Nous avons été créés par amour et pour l’Amour, dans une unité qui à l’origine devait être parfaite. J’ai été bouleversée par le témoignage de cette femme (vidéo ci-dessous), qui raconte son expérience de mort imminente. Elle raconte notamment qu’en arrivant dans le « paradis », elle ne faisait plus de distinction entre son être, les brins d’herbe dont elle voyait vibrer chaque cellule de vie, et l’eau du ruisseau qui n’était que lumière. Elle raconte qu’elle même n’était plus qu’unité et amour, en harmonie avec tout ce qui l’entourait. Nous avons oublié à quel point nous ne faisons qu’un les uns avec les autres, et avec l’environnement. Nous sommes un tout.

Il y a quelques années, une femme révoltée m’a dit que les tremblements de terre ayant eu lieu au Népal l’empêchaient de croire en Dieu: comment Dieu aurait-il pu laisser des innocents mourir d’une catastrophe naturelle? Les hommes ne sont pas responsables des catastrophes naturelles! Il me semble aujourd’hui approcher une réponse possible à cette question difficile, qui paraîtra peut-être étrange, voire carrément perchée, pour certains. Je vous fais quand même part de mes suppositions: et si, en n’aimant pas, nous étions en fait bien responsables des catastrophes naturelles? Si, en cassant les ondes d’amour qui donnent à l’ensemble de la création son unité et son harmonie, qui tiennent ensemble les montagnes et les plaques tectoniques, nous créions un déséquilibre physique responsable de ces accidents de la nature? Si c’est bien l’Amour qui tient toutes choses ensemble, alors quand nous n’entretenons pas les ondes d’amour tout s’écroule. C’est en tous cas ce que semble expliquer avec ses mots la femme qui témoigne ici, lorsqu’elle raconte que dans les années 70, lorsqu’elle a fait cette expérience de mort imminente, avant qu’elle retourne sur Terre on lui a montré des images des catastrophes qui risquaient de se produire si les hommes ne changeaient pas leur cœur. Ce qu’elle en a compris, ce n’est pas que la nature se vengera de nous, mais que nous possédons une liberté fondamentale: celle de changer le monde en changeant nos cœurs, celle d’aimer ou de ne pas aimer. D’ailleurs, une seule question lui est posée lorsqu’elle est propulsée dans l’autre monde: « Comment as-tu aimé, et qu’as-tu fait pour aimer les autres? »

Si chacun de nous prenait toute décision à la lumière de cette question fondamentale, le monde serait sauvé. L’écologie ne doit pas être vécue comme une fixette sur la pollution et l’impact négatif de l’Homme sur l’environnement, mais comme une vision globale des choses, incluant aussi une forme de mystique. D’une part parce que l’être humain et la nature ne peuvent être compris séparément l’un de l’autre, et d’autre part parce que nous sommes, par nature, des êtres spirituels. Les problèmes du monde trouvent leur source dans nos cœurs, et c’est là que devrait commencer le travail de toute personne qui cherche à les résoudre.

En tant qu’écolos, notre devoir est donc avant tout d’aimer et de montrer l’exemple sur ce chemin. Une fois que l’on agit en fonction de ce critère unique, je suis sûre que l’on trouve aussi les mots pour expliquer à son voisin qu’il pourrait être appréciable qu’il trie son verre. Peut-être même qu’en lui transmettant cette envie d’aimer, vous l’aiderez indirectement à prendre conscience par lui-même des efforts environnementaux qu’il peut livrer pour vivre avec plus d’harmonie! Pour prendre la bonne route, il faut avoir le bon guide. Et il n’y a pas meilleur guide que l’Amour, soyez-en certains!!

Certes, défendre l’écologie c’est bien souvent combattre. Mais essayons de faire en sorte que ce soit avant tout aimer. Tournons nos consciences vers une affirmation positive et sereine de ce que nous pensons être bon, plutôt que vers la négation de ce que nous désapprouvons. Un oui est plus attirant qu’un non, et un oui fait plus avancer qu’un non. Aimons le monde que nous souhaitons protéger, plutôt que de détester celui que nous rejetons. Et plutôt que de rajouter des ondes de haine à l’atmosphère tendue qui existe déjà, ayons de la compassion pour les grands patrons de l’industrie et pour les politiciens qui se cramponnent à leurs chevilles, parce que ces hommes sont puissants financièrement mais faibles de cœur. Peut-être ces ondes d’amour leur parviendront-elles pour les changer petit à petit? 🙂

Comme d’habitude, mes suggestions sont plus faciles à énoncer qu’à mettre en pratique. Pourtant, la route se fait petit pas par petit pas, et l’important est moins de ne jamais tomber que de toujours se relever. Alors en route les amis!!

Recettes de cuisine

Yaourts végé maison sans yaourtière

yaourts végé sans yaourtière

Après le yaourt maison classique, voici la version 2, végétale! Mais pourquoi donc va-t-elle nous chercher des yaourts végé (question 1)? se demanderont la plupart d’entre vous. Et en plus sans yaourtière (question 2)?

Réponse 1: il y a déjà quelques temps, je suis tombée sur cette vidéo.

Je demande pardon aux âmes sensibles, j’ai moi-même été très choquée par la violence de ces images, et pas forcément super à l’aise avec le ton sur lequel tout cela est présenté, mais d’un autre côté je comprends la révolte de la fille qui en parle.

Je suis plus branchée cause humaine et sociale que cause animale, mais je pense aussi que nous définissons notre nature d’êtres humains à travers nos rapports avec le reste des êtres vivants, et ce que nous infligeons actuellement à ces autres êtres vivants n’est pas joli joli… Quand j’étais enfant, je recueillais des petits animaux blessés ou perdus pour les soigner (qui ne l’a pas fait?), et je cherchais à entrer en communication avec ces petites bêtes. Lorsque l’on a le cœur pur, on est plus attentif et on sent avec plus d’intensité les choses simples, comme par exemple le fait que oui, un animal a une forme d’intelligence et de sensibilité.

Du coup, je me suis dit que si en réalité les vaches et les chèvres n’étaient pas faites pour donner du lait toute l’année, alors moi je n’étais pas faite pour en boire (sans compter tous les arguments qui disent que le lait de vache, c’est pour les veaux, point!). Question environnement, l’élevage intensif qui résulte de notre forte consommation de produits laitiers est une catastrophe. Le problème avec le zéro déchet, c’est qu’une fois que l’on se trouve dans la barque, on doit régulièrement prendre une carte et un compas pour dessiner l’itinéraire, ce qui nous obligent à ouvrir les yeux sur des tas de trucs qu’on aurait préféré ne pas savoir, pour ne pas devoir sacrifier certaines habitudes auxquelles on tient. Là, savoir ce qu’impliquait le fait de manger mes bons petits yaourts tous les matins m’a un peu coupé l’appétit. Alors si on a du mal à se passer de lait de vache ou de chèvre, ce que je peu très bien comprendre, il faut autant que possible essayer de s’en fournir auprès de petits producteurs pour limiter les dégâts 🙂

Du coup, j’ai testé des recettes de yaourts végétaux. Comme je ne suis pas super branchée soja à la base, j’ai essayé à l’amande, à la noix de cajou, à la noisette, mais tout était supra dégueu!! Un sale goût d’algue rancie. En désespoir de cause, je me suis rabattue sur le lait de chèvre parce que c’est la saison et que j’en trouve en bouteille consignée au marché, et puis après mon ami et moi avons carrément laissé tombé les yaourts.

Mais le petit déj sans yaourt je trouve ça triste, et récemment j’ai quand même voulu tenter l’expérience avec le soja.

Tadaaa! Les yaourts sont un succès, super faciles à réussir, et l’on s’habitue vite à la douceur inattendue de ce laitage végétal, surtout si on le mélange avec un bon granola maison et des fruits.

Réponse 2: c’est quand même mieux de pouvoir faire ses yaourts sans dépenser 50 euros dans une yaourtière faite en Chine et qui va vous claquer dans les doigts deux jours après la fin de la garantie non? En plus vous pouvez vous en faire même en vacances, il suffit d’avoir à votre disposition un grand bocal (pour y mettre le yaourt) et une casserole – et une écharpe en laine, ce qui, je le reconnais, peut poser problème si l’on est parti en août.

INGRÉDIENTS POUR LES YAOURTS VÉGÉ:

ferment: pour la première fournée, soit un yaourt Sojade bio, soit du ferment yalacta acheté en pharmacie. Pour les fournées suivantes, deux grosses cuillères de yaourt maison.

lait de soja bio (on peut le faire soi-même, mais j’y vais progressivement donc pour l’instant je produis quand même un déchet: le tétrapack qui va au recyclage, et la petite capsule qui ne se recycle pas…)

PRÉPARATION:

Idéalement, stériliser dans de l’eau bouillante tout ce qui va être en contact avec les éléments de la préparation: cuiller pour verser le yaourt dans le lait, thermomètre si vous en utilisez un, fouet, pots de yaourt… La stérilisation sert à éviter que des bactéries extérieures s’incrustent à la fête des bactéries de la fermentation et se la jouent projet X.

La préparation est la même que pour les yaourts à base de lait de vache ou de chèvre, à part que l’on n’a pas besoin de faire bouillir le lait pendant 20 minutes. Je ré-explique le processus, de façon un peu plus détaillée:

Ce qui compte dans la fermentation, c’est que le ferment et le lait créent entre eux plein de petits liaisons chimiques qui vont donner à l’ensemble sa consistance solide. Et ce qui leur permet de le faire, c’est la diminution très progressive de leur température. La fermentation doit débuter aux alentours de 55 °C, et la température doit diminuer très lentement pendant plusieurs heures. Attention, les ferments meurent à partir de 60°C.

Il est très pratique d’avoir avec soi un thermomètre de cuisson, toutefois je vous donne un truc pour vous en passer:

Si la température ambiante avoisine les 20°C et que votre lait de soja est à température ambiante, versez 450 mL de lait dans une casserole que vous mettez à bouillir. Une fois que le lait bout, retirez-le du feu et ajoutez les 550 mL de lait froid restants, en mélangeant bien. Vous obtiendrez un mélange avoisinant les 56°C. Si vous êtes bon en calcul, ce qui n’est pas mon cas, vous pourrez facilement adapter cette technique en fonction de la température de départ de votre lait.

Ajoutez le ferment en fouettant bien, et versez sans perdre de temps le mélange dans les pots à yaourt.

Fermez-les et emmitouflez-les dans une écharpe en laine, si possible dans une caisse en bois. Le bois est un très bon isolant, et la caisse protégera vos petits yaourts des courants d’air. Si possible, recouvrez la caisse pour une protection parfaite.

yaourts végé maison sans yaourtière

Ma yaourtière made in France

Normalement, vos yaourts sont prêts en quatre heures. Toutefois, au fil des fournées il leur faut souvent un peu plus longtemps pour bien se solidifier. N’hésitez donc pas à les préparer le soir et à les laisser fermenter toute la nuit.

Je n’ai pas encore testé, mais on peut aromatiser ses yaourts en y ajoutant du miel et de l’extrait de vanille, des confitures ou de la crème de marron au fond des pots avant de verser le lait, ou en mélangeant le lait avec du chocolat en poudre pour obtenir des desserts chocolatés!

NB: il faut autant que possible éviter que les yaourts en fermentation soient exposés à des vibrations.

Et une ricotta végétale super facile à réaliser, ça vous dit? 🙂

Désintox, Les étapes vers le zéro déchet

Parents 0 déchet: pourquoi/comment

parents

Je discute beaucoup avec des mères de familles très intéressées par ma démarche, et qui en même temps ne se sentent pas les épaules pour assumer un tel mode de vie. Cet article a pour but d’expliquer pourquoi il est absolument crucial, en tant que parents ou futurs parents, de se mettre au zéro déchet, tout en vous décomplexant du mythe du parent idéal.

PARENTS ZÉRO DÉCHET: LE POURQUOI

Je ne prétends pas livrer une leçon d’éducation, puisque je n’ai même pas d’enfants, mais je peux apporter un témoignage d’enfant sur ce que j’ai aimé et aurais aimé que l’on me donne pour vraiment réussir ma vie.

Pour en fréquenter un certain nombre grâce à mon métier actuel de professeur particulier et d’autres relations amicales, je commence à connaître beaucoup de parents. Et une chose est certaine: la grande majorité d’entre eux se montre très préoccupée par « l’avenir » de ses enfants. Expression qui mérite que l’on s’y attarde un peu. Par « avenir », tous ces parents entendent en fait souvent « avenir professionnel« . Mais le fait que l’adjectif ait été supprimé est révélateur d’un trait de nos mentalités: c’est notre carrière qui assurerait la réussite de la totalité de notre existence future. En tant que grand enfant, voilà ce que j’ai envie de répondre: non, la beauté de ma vie future ne dépend par exclusivement de ma carrière. Bien sûr, qu’il est mieux d’avoir les moyens de financer ses choix de vie! Mais encore faut-il avoir compris que pour devenir un adulte heureux, il faut précisément avoir réfléchi à ces fameux choix de vie.

Les parents sont formés par la société de consommation à éduquer leurs enfants dans le sens d’une belle réussite professionnelle, parfois au détriment d’autres aspects très importants de leur avenir, pour que leurs enfants deviennent à leur tour de bons travailleurs à fort pouvoir d’achat. La réussite professionnelle devient alors un objectif en soi. Et lorsque l’on ne sait pas vraiment qui on est et que l’on gagne un bon salaire, où cherche-t-on le bonheur? Dans la consommation. Alors qu’en apprenant à son enfant à décrypter le monde dans lequel il évolue, en l’aidant à comprendre qui il est profondément, quelles sont ses qualités, ses passions, ses motivations, quels sont ses rêves, on lui donne toutes les chances de mettre au mieux sa réussite professionnelle au service de son bonheur. Et d’ailleurs, on lui donne aussi toutes les chances de réussir professionnellement, car alors cette réussite a un sens plus profond, elle est portée par des motivations bien ancrées.

Dans le contexte géopolitique, social et environnemental d’aujourd’hui, l' »avenir » des enfants résonne avec plus d’intensité que jamais. Quel avenir nos enfants auront-ils? Combien des jeunes de mon âge se demandent s’ils ne rendraient pas mieux service à leurs enfants en ne les faisant pas venir à ce monde de fous?

Être un enfant du XXIe siècle, c’est douloureux. On récolte des difficultés qui viennent des choix des générations précédentes, on paie de notre innocence leur longue insouciance. Pas d’accusation ici, les générations qui me précèdent n’avaient pas conscience que leur mode de vie mettrait en difficulté les générations à venir. Ne refaisons pas le passé, mais par contre construisons le futur grâce à une solidarité intergénérationnelle! Si vous, en tant que parents, avez honte d’avoir vécu tant d’années d’une façon qui, sans que vous le sachiez, mettait en péril l’avenir de vos propres enfants, ne désespérez pas car vous avez peut-être encore les moyens de réparer cela en leur donnant les moyens de s’en sortir.

On le sait, l’éducation se fait pour, mais aussi bien souvent malgré nos enfants. Si nous parlions Nutella? Oui, parce que le Nutella entre vite en ligne de compte lorsque l’on commence à discuter changement de mode de vie avec des parents: « Oui, c’est sûr que vivre sans déchet en mangeant bio, ce serait l’idéal, mais moi je ne peux pas parce que si je supprime le Nuttela, c’est la mutinerie ». (Si besoin, ne pas hésiter à remplacer dans cette phrase « Nutella » par « Monstermunch », « Pringles », « Crunch » ou encore « Prince »). Alors là, je veux bien vous croire les parents! Sauf que moi, j’aurais préféré que mes parents me privent contre ma volonté de tous les aliments qui m’ont donné une acné pas possible et ont fragilisé mon système immunitaire, tout en contribuant à un système qui met en danger mon avenir sur cette Terre. Attention, je tiens à préciser que j’ai des parents exceptionnels qui ont tout fait pour que je sois heureuse et en bonne santé! Il n’avaient juste pas conscience de la nocivité de certains choix.

C’est vous les parents, c’est vous qui avez l’autorité. Donc si vous avez conscience que votre mode de vie est nocif à court et long terme pour vos enfants, même si ceux-ci protesteront haut et fort il est de votre devoir de parents de changer vos habitudes.

Un parent a pour rôle premier d’aimer, pour rôle second d’éduquer. Aimer implique d’accepter de nombreux sacrifices, comme ceux inhérents au fait de changer ses confortables habitudes (je vous rassure, l’inconfort disparaît vite une fois que les nouvelles sont en place!). Éduquer, c’est donner à son enfant les clés qui lui permettront plus tard de faire ses propres choix pour son bien. Transmettre à son enfant à un mode de vie respectueux des autres êtres vivants et de son environnement fait donc partie de l’éducation, et il ne s’agit pas d’une option. Ne pas faire ces efforts, c’est se faire passer avant son enfant… Je ne suis pas là pour juger ou donner des ordres, seulement pour exprimer ma conviction de grande enfant.

PARENTS ZÉRO DÉCHET: LE COMMENT

Ayant moi-même une super Maman dont je suis très proche, j’ai conscience des énormes contraintes qui pèsent sur les épaules des mères de famille. Je parle plus des mères ici, car factuellement c’est le plus souvent par elles que se font les changements domestiques (sans sexisme hein!!).

Le gros problème, dans la vie, c’est le TEMPS (vaste sujet que j’aborde , et ). Une maman, ça doit s’occuper du ménage, de la cuisine, des courses, des activités scolaires, de la paperasse, de l’organisation des vacances, des anniversaires, ça doit travailler si ça veut prétendre au statut de femme moderne, avoir une vie sociale, être toujours bien coiffée-habillée-épilée, être attentive à chacun de ses enfants, et de bonne humeur avec son mari. Et EN PLUS de tout ça, on voudrait que ça ne produise pas de déchets? Abusé…

Oui, ça fait vraiment beaucoup.

Mais si ne plus produire de déchets, ça consistait en fait à revoir toutes les activités précédentes en les simplifiant? Qu’on ne s’y trompe pas, on ne vous demande pas d’être une superwoma(ma)n! Mais au contraire, de vous libérer de cette pression que vous impose sûrement votre perfectionnisme: on décomplexe! Si la panière à linge déborde à la fin de la semaine et que le cadet n’a plus de chaussettes, allez en chercher dans le placard du benjamin, et n’annulez surtout pas la promenade en famille pour une histoire de lessive. Si vous n’avez pas d’inspiration, faites des pâtes à la sauce tomate ou des patates à l’huile d’olive et vous verrez que tout le monde sera très content! Et si chacun de vos enfants ne fait qu’une seule activité extra-scolaire, mais une activité qu’il adore, est-ce vraiment un drame? De nombreux psychiatres plaident en faveur de l’inactivité des enfants, qui en de justes proportions stimule leur imagination.

Vous me direz, tout cela c’est bien gentil, mais on ne peut pas vivre tout le temps à la one again. Voici donc pour vous trois principes très importants à appliquer pour ne pas perdre les pédales sans trop se compliquer la vie:

  • PRÉVOIR

Prévoir ses menus de la semaine sur des bases très simples:

gratins (chou-fleur et pommes de terre à la béchamel et aux gruyère, gratin de potiron, gratin de blettes au camembert, hachis parmentier, parmentier de canard confit et purée de pommes de terre ou courge…)

purées (purée de pommes de terre, purée de carottes, purée de pois cassés…) accompagnées d’un oeuf ou d’une tranche de jambon

quiches à tout avec une pâte à tarte minute

cakes à tout (voir ma super recette de cake carotte cumin super easy)

frites au four de pommes de terre ou de patate douce (il suffit de les couper, des les arroser d’huile et de sel et d’enfourner, avec un passage à la fin sur grill), ou légumes rôtis à l’huile d’olive et aux herbes.

pâtes (sauce tomate maison avec des tomates fraîches et séchées mixées avec du basilic, avec un pesto d’épinards/basilic/pignons, avec seulement du gruyère et un oeuf, pâtes carbonara (lard acheté dans un tupperware chez le boucher), pâtes bolognaise…)

soupes (légumes divers, soupe de lentilles corail)

légumes vapeur avec de l’huile d’olive ou de la crème et du sel, ou des saucisses moutarde (personnellement je ne mange plus de viande, mais j’admets qu’avec des enfants, dans un premier temps la viande rend bien service pour préparer facilement des repas nutritifs)

salades froides composées

poêlées fourre-tout avec une base céréale/légumineuse et un accompagnement légumes

pour les apéros: toasts de pain à la tapenade (achetée dans un tupperware chez le traiteur, au fromage, au tarama (acheté dans un tupperware chez le traiteur) , au houmous maison (super fastoche), olives du traiteur, morceaux de cake, mini quiches, crudités avec une sauce au yaourt…

goûter des enfants pour l’école: profiter d’un dimanche après-midi pluvieux pour organiser un super atelier cookies, et s’ils ont l’âge, apprendre aux enfants à les préparer eux-mêmes. Pareil pour la compote. Ou tout simplement, leur mettre dans une boîte du pain avec du chocolat, une pomme ou une banane, ou encore des fruits secs!

Vous pouvez même avoir un menu type pour la semaine: chaque repas de la semaine a son type de plat (quiche, cake, légumes vapeur), dont le contenu varie en fonction de la saison ou du marché. Cela vous fera gagner un temps fou!

Faites vos courses de la semaine avec une LISTE, en UNE SEULE FOIS (ou au pire en deux fois, si votre cabas de marché est déjà au taquet avec le frais: dans ce cas, allez si possible à l’épicerie au moment de la semaine où il y aura le moins de monde). Prévoyez votre itinéraire entre le marché et le rayon vrac du magasin bio ou de l’épicier du coin. Votre liste vous permettra de savoir exactement combien de tupperwares il vous faut pour transporter les produits frais dont vous avez besoin pour votre semaine, et de les glisser dans votre cabas avant de partir. Fixez un moment, toujours le même si possible, pour faire vos courses chaque semaine: en prenant vos habitudes au marché, vous gagnerez beaucoup de temps. Je trouve toujours un moment dans la journée du vendredi pour préparer mes menus, pour que le samedi je n’aie plus qu’à aller au marché. L’anticipation permet de rester zen et de ne pas se laisser avoir par le manque d’inspiration.

Lorsque les stocks de produits secs diminuent, les noter au fur et à mesure sur un papier accroché au frigo pour n’avoir qu’à le récupérer avant de partir faire vos courses.

Il est de la plus haute importance d’anticiper au maximum les événements de la semaine ayant un lien avec les courses, pour ne pas être prise au dépourvu au dernier moment et filer à la supérette du coin se fournir en trucs pas bons pas beaux. Lorsque l’on sait que l’on ne vas pas pouvoir faire les courses comme d’habitude à cause d’un départ en week-end ou autre événement, on prévoit également à quel moment on va pouvoir fixer nos courses, avec une liste et des menus.

Prévoyez aussi vos besoins pour les occasions particulières: ayez toujours dans votre sac à mains un sac en tissu plié, pour d’éventuelles courses imprévues, pensez à prendre une gourde lorsque vous partez à la journée pour ne pas devoir acheter une bouteille d’eau, etc.

Et dans les périodes où vous avez besoin de lâcher complètement prise, ne faites pas de liste, faites le marché à l’instinct sans oublier d’y emporter vos propres sachets et tupperwares, et improvisez avec ce que vous avez, ça marche pas mal non plus 🙂

  • RÉDUIRE

Moins d’affaires, c’est moins de soucis. Moins de choses dans votre journée, c’est moins de stress. Pour vos affaires comme pour votre emploi du temps, optez pour l’essentiel. Si vous ne connaissez pas ce livre, je vous le recommande vivement!! Désencombrez votre maison de toutes les choses que vous n’utilisez jamais mais que vous gardez « au cas où », et arrêtez de perdre du temps dans des activités qui ne vous enrichissent que moyennement. Votre journée vous paraît trop remplie? Faites des choix. Certaines tâches incontournables peuvent peut-être être remises à demain. Qu’est-ce qui vous fera vous sentir le mieux? Nettoyer votre salle de bains ou aller enfin boire un verre avec votre bonne amie (cela dépendra des jours, posez-vous chaque fois la question: de quoi ai-je besoin aujourd’hui?).

Si votre intérieur est épuré, vous verrez qu’on y sème moins facilement le désordre, et qu’il est plus rapide à entretenir. Si vos recettes sont simples, elles sont rapides à préparer et nécessitent peu d’ustensiles et de vaisselle à nettoyer ensuite. Optez toujours pour la simplicité, en oubliant vos idéaux de femme parfaite et super sophistiquée. Pas de dessert dans le frigo pendant la semaine? On s’y habitue très bien, et ne pas finir son repas par du sucré facilite la digestion! On savoure d’autant plus le gâteau du dimanche!

Pourquoi avoir chez soi quinze shampoings, quinze produits de nettoyage, quinze tenues pour les grandes occasions? Un pain de savon de Marseille et une bouteille d’eau vinaigrée suffisent pour laver les cheveux de toute la famille, une bouteille de vinaigre blanc peut nettoyer absolument tout dans la maison (je l’utilise en pschitt dilué dans de l’eau, et fais même ma vaisselle avec!!), et deux tenues suffisent largement pour les grandes occasions. Pour l’entretien de la maison, l’hygiène et la beauté, vous pourriez avoir chez vous 9 produits et pas un seul de plus. Je vous détaille tout dans cet article.

Au fur et à mesure que vous réduisez vos possessions, ce sont aussi vos besoins et vos envies qui vont diminuer, et donc le temps que vous mettiez à les satisfaire.

  • BYE-BYE JETABLE, HELLO RÉUTILISABLE!

Le jetable, loin d’être un facteur de libération, nous rend dépendant de l’une des tâches que nous détestons le plus! Faire les courses… Il y a tant d’objets chez nous que nous achetons, jetons et rachetons, alors même qu’il existe des équivalents réutilisables! Voici dans cet article une liste de 6 objets que vous pourriez ne plus jamais avoir besoin de racheter.

Dire non au jetable, c’est aussi faire soi-même des produits que l’on ne peut pas forcément trouver sans emballage, comme par exemple le dentifrice ou la lessive. Attention ici à un écueil: faites toujours simple!! Si vous trouvez des recettes de produits faits maison avec quinze ingrédients que vous n’avez pas chez vous, ne les essayez même pas! Quand c’est compliqué, ce n’est jamais bon signe. Les recettes que je propose sur le blog sont toutes sélectionnées en fonction de ce critère de simplicité et de rapidité. Cela vous demandera moins de temps et moins d’argent que d’aller au supermarché, tout en vous faisant passer un meilleur moment (jouer à l’apprenti-sorcière avec ses enfants, c’est quand même plus amusant que les trainer dans les allées d’Auchan, non?).

Et comme je l’explique ici, même si changer vos habitudes va forcément vous prendre un peu de temps au début, cela vaut le coup parce que vous y gagnerez pour de vrai du temps et de l’argent.

J’espère vous donner l’envie du changement, et que les solutions que je vous propose vous seront utiles! J’aimerais avoir vos ressentis de parents (ou non parents d’ailleurs) sur cet article, alors n’hésitez pas à réagir!!

Désintox, Entretien de la maison, Les étapes vers le zéro déchet

Vivre avec 100 objets

100 objets

Après un dimanche pluvieux consacré au désencombrement, je voudrais vous faire part d’une découverte que j’ai faite à cette occasion: le challenge des 100 objets relevé par David Michael Bruno.

Alors que je me demandais comment il était possible qu’après déjà deux ans de désencombrement il y ait encore chez moi autant d’objets parfaitement inutiles et encombrants, je suis tombée sur un article parlant de cet Américain qui a décidé, pour s’affranchir de la société de surconsommation dans laquelle nous vivons, de choisir 100 objets qu’il garderait pour vivre au quotidien.

D.M. Bruno part du principe que malgré tous les objets que nous avons, malgré l’expansion du niveau de vie et du pouvoir d’achat mondial, nous demeurons malgré tout insatisfaits, et que notre consommation n’empêche pas les crises économiques de se produire.

« La définition de la folie, c’est de refaire tout le temps la même chose et d’en attendre des résultats différents ». Albert Einstein

Pour éviter d’être possédé par ce qu’il possède, il a donc décidé de restreindre ses biens matériels à l’essentiel. Préparant son challenge longtemps à l’avance, il a désigné petit à petit les objets qui feraient partie du voyage.

Alors ni une, ni deux, moi qui en étais à la cuisine et un peu fatiguée, j’ai été regonflée à bloc pour discerner à la lumière de ce challenge quels étaient les objets de cette pièce dont je me servais réellement au quotidien et ceux dont je pourrais me passer!

Oui, parce que la cuisine, quand on aime cuisiner, on y passe quand même un sacré temps et on s’énerve vite à cause du bazar, des placards qui débordent et sont déjà dérangés le lendemain du grand rangement, de la vaisselle qui s’accumule dans l’évier, de la vaisselle qui est sale au moment où on en a besoin parce qu’elle attend sagement dans le lave-vaisselle son tour de manège.

Alors, j’ai repensé à un proche qui lors de notre premier emménagement à deux avait manifesté une grande inquiétude en voyant que nous avions « si peu de vaisselle » et qui suggérait que nous achetions des meubles supplémentaires pour pouvoir y ranger toute la vaisselle supplémentaire que nous achèterions aussi, pour pouvoir suppléer au fait que quand on a la chance d’avoir un lave-vaisselle, il nous faut plus de stock pour attendre sans manquer de rien que le lave-vaisselle tourne et nous rende notre vaisselle à nouveau utilisable. Vous m’avez suivie ou pas?

Donc là, j’ai repensé à cette remarque, et il m’est venu une idée. Et cette idée c’était qu’au fond, c’est peut-être une sacrée connerie d’avoir un lave-vaisselle quand on vit à deux! ça utilise de l’électricité alors que la vaisselle à la main ne nécessite que de l’huile de coude, ça demande plus d’eau que si on utilise deux bacs (trempage et rinçage) dans l’évier, et en plus ça nous oblige soit à avoir le double de vaisselle, soit à pester chaque fois qu’un truc dont on a besoin n’est pas encore propre! C’est là que je me suis dit que la vraie solution, c’était d’avoir encore moins de trucs dans ma cuisine.

Si on est deux, pourquoi avoir plus de deux fourchettes, deux couteaux de table et deux couteaux de cuisine (aaah la cuisine en amoureux), plus de deux assiettes etc? Si je cuisine majoritairement des aliments crus (oui je vous en reparlerai c’est une autre découverte chelou à laquelle m’a menée le zéro déchet), à quoi bon avoir plus d’une casserole, une poêle et une cocotte minute (ce qui j’en conviens n’est déjà pas mal)?

100 objets

Il suffit de laver son couvert juste après utilisation, et hop il est à nouveau disponible! Comme ça, plus de vaisselle qui traîne dans l’évier pendant qu’on en sort de la toute propre du placard, plus de placards où on ne trouve rien tellement il y en a, et un max de simplicité! Qu’est-ce que ça libère, un intérieur sobre et aéré, qui ne demande pas des heures de rangement et d’entretien! Et de disposer de la place que l’on veut pour ranger à l’endroit le plus pratique chaque objet!

J’ai donc sélectionné rigoureusement les objets qui me sont vraiment utiles, et je m’en suis sortie avec 80 objets, que vous voyez sur la photo au début de l’article.

Pour les amis qui viennent, on s’est dit que comme la plupart du temps on faisait des apéros, nos deux grandes et petites assiettes, nos deux grands et quatre petits bols ainsi que nos deux verres suffiraient largement à présenter les victuailles. Par contre niveau verre on va devoir faire quelque chose…

100 objets

Au bout de deux mois, c’est toujours le pied! Le bilan, c’est que j’ai eu besoin de redescendre deux trois fois du haut du placard quelques trucs comme le grille-pain ou une fourchette et une assiette supplémentaires pour un ami de passage, mais globalement nous ne manquons de rien, pas même du lave-vaisselle qui reste sage dans son coin.

Bon, je suis encore loin des 100, mais en même temps D.M Bruno joue un peu avec les mots, parce qu’en réalité il parle plutôt de 100 objets personnels, c’est-à-dire que si on vit en famille le canapé ne compte pas, par exemple. D’autres règles sont de ne compter toutes les chaussettes ou toute autre catégorie du même genre comme un seul objet. Quoi qu’il en soit, je trouve la portée intellectuelle, pratique et symbolique du concept très intéressante, et je compte la réutiliser lors de prochaines sessions désencombrement, même si j’espère qu’il va y en avoir de moins en moins!!

Vous pouvez vous inspirer de la liste d’objets de Damien qui s’est essayé à ce challenge et en parle sur son blog. Notez bien que vous n’êtes pas obligés d’avoir une catégorie de trucs ésotériques, ça marchera quand même sans 😉

Motivé(e)s??

Les étapes vers le zéro déchet

Le compost: tout ce qu’il faut savoir!

comment composter ses déchets

Il y a déjà un certain temps, dans mon article « Comment composter ses déchets », qui explique comment trouver des solutions pour se mettre au compost, je vous avais promis un billet un peu plus technique sur la question. Voici donc tout ce qu’en bons écolos, vous devez savoir sur le compost!

J’ai recueilli ces précieuses explications lors d’une formation reçue chez les Compostiers.

Pour définir rapidement ce qu’est le compost, il s’agit d’un processus naturel de décomposition de la matière, qui met en jeu des êtres vivants (bactéries, vers de terre et insectes) ainsi qu’un contrôle humain, et qui produit une matière riche en nutriments organiques pour le sol.

Pour comprendre simplement le compost, il faut se mettre en tête une image parlante: celle de la forêt, où l’humus, sol très riche, se forme avec le temps à partir de feuilles et d’animaux morts. Quand vous vous posez des questions un peu spécifiques, revenir à cette image peut souvent aider par comparaison, à y trouver des réponses. Toutefois, le compost issu de l’activité humaine intègre des spécificités qui compliquent le processus: ces spécificités sont d’une part la concentration des quantités apportées d’un coup (alors que dans la forêt cela se fait très progressivement), et la fraîcheur/humidité des végétaux (dans la forêt, les feuilles qui tombent son sèches). On verra également que le fait de composter en ville génère quelques contraintes supplémentaires.

Je me permets d’introduire ce propos en vous présentant d’abord les enjeux que représente la matière organique, en termes environnementaux:

On a déjà parlé là de l’intérêt que représente le compost pour une gestion écologique des déchets. Ici, je vais me concentrer sur la question des sols. Le compost, en tant que matière organique de façon plus générale, aide les sols à mieux absorber l’eau et optimise leur composition chimique.

Tout d’abord, un sol a besoin d’être aéré et harmonieux pour bien absorber et retenir l’eau qu’il reçoit. On parle énormément de sécheresse, de réduction des précipitations sur les dernières décennies. Mais en fait, même si cette réalité est avérée, sur le court terme la vraie cause du problème de l’irrigation est l‘incapacité des sols à absorber ces précipitations. Même si ces dernières diminuent, elles seraient encore aujourd’hui suffisante pour alimenter correctement un sol sain, apte à les recevoir. Pour vous donner un ordre d’idée, dans le Sud de la France, des terres qui il y a quelques décennies pouvaient absorber 1 mètre d’eau en automne sont aujourd’hui capables d’en absorber seulement 10 cm… Les terres agricoles, de plus en plus compactées à cause du recours aux tracteurs et à l’absence d’ajouts de matière organique, sont donc érodées plutôt qu’alimentées lorsqu’il pleut. Et la déforestation dans le monde contribue à supprimer inexorablement les zones bénéficiant d’un apport en matière organique.

En effet, un sol sain est composé à la fois de matière organique et de matière minérale (dont l’azote). Le compost, matière organique, n’est pas suffisant pour faire pousser des plantes. On peut même faire pousser des cultures sans matière organique, c’est ce que fait aujourd’hui notre agriculture intensive: les sols, totalement vidés de leur matière organique par des années de cultures, ne servent que de support, dans lequel sont injectés des engrais et autres produits minéraux pour nourrir les cultures. Ce procédé est encore plus frappant dans les cultures hors sol, où la plante n’est pas du tout dans la terre, ses racines pendent jusqu’à une rigole où circule un liquide contenant des minéraux. Si cela marche comme ça, très bien me direz-vous! Effectivement, dans une vision productiviste à court terme c’est très bien. Malheureusement, des sols uniquement minéraux sont des sols morts. Et comme vous vous en doutez, de la mort ne peut jaillir la vie. L’idée de manger des fruits et légumes qui ont poussé sur un sol mort ne vous déprime pas, vous? Parce que moi si! Je ne suis pas chercheuse ni chimiste, mais j’ai du mal à croire qu’un aliment sous perfusion d’azote soit aussi bénéfique pour ma santé qu’un autre qui a poussé dans une vraie terre, celle où il y a aussi de vers de terre, des bactéries et des insectes. Et d’autre part, les engrais ça coûte de l’argent, des ressources naturelles et de l’énergie, donc on ne peut pas considérer le fait d’alimenter des sols morts en engrais comme une solution d’avenir. Au contraire, c’est un cercle vicieux dont il nous faut sortir: sur un sol mort, des tas de problèmes surgissent dans les cultures. Pour les résoudre, on rajoute des produits chimiques, qui accentuent la mauvaise santé du sol, qui engendre d’autres problèmes dans les cultures, etc. Sans compter la pollution des nappes phréatiques à l’azote, extrêmement problématique.

Le sol abrite 80% de la biomasse vivante de la Terre. Géologiquement, la grande majorité des sols français sont aujourd’hui considérés comme morts. Nous, les être humains, faisons partie de l’écosystème naturel, envers et contre tout. Tuer notre sol, c’est scier la branche sur laquelle nous sommes assis.

Et ce n’est pas tout: le sol contient des quantités phénoménales de carbone, issues des échanges chimiques qu’il effectue avec les plantes. Pour faire court, la matière organique retient le carbone, et lorsqu’elle disparaît au profit d’un environnement minéral, le carbone est libéré dans l’air. Le phénomène actuel de libération de carbone dans l’atmosphère par les sols cultivés en agriculture intensive représente l’une des sources d’émission de CO2 les plus importantes au monde. Il est donc urgent de réintroduire de la matière organique sur nos terres agricoles. Pour mieux comprendre cette question, vous pouvez lire ce rapport de la commission européenne.

Tout n’est pas perdu, la nature a un pouvoir de résilience hors du commun, par contre il nous faut réagir avant que le seuil de non retour ne soit dépassé. Il faut 5 ans à un sol mort pour être revitalisé, en réinsérant de la matière organique et à l’aide de techniques de rotation naturelles qui permettent que l’apport nécessaire en azote se fasse par des plantes bien choisies, et non par l’ajout d’intrants. Mais quand tout sera mort, on ne reviendra plus en arrière…

Si les villes étaient capables, par une belle mobilisation citoyenne, de produire un compost véritablement qualitatif, il serait possible de revitaliser les régions agricoles françaises. Le problème aujourd’hui, comme je l’explique dans ici, c’est que nous ne sommes pas assez rigoureux pour que les villes puissent se permettre de fournir les agriculteurs avec le compost que nous produisons, qui ne peut donc pour l’instant être revalorisé que dans un cadre privé ou associatif. C’est pourquoi le changement peut venir d’en bas, à travers chacun de nos engagements personnels, domestiques, quotidiens. Ce n’est pas une question de choix et de sensibilité personnelle, mais une question de survie.

Voilà pour la (grande) parenthèse contextuelle! Voici maintenant le détail des aspects pratiques:

QUE METTRE/ NE PAS METTRE DANS LE COMPOST?

  • Les produits carnés et laitiers

En théorie, absolument tout ce qui est biodégradable est compostable. En milieu urbain, la proximité avec les habitations pose problème. La première raison, qui est sujette à débat dans le milieu des experts en compost, serait que certaines bactéries en jeu dans la dégradation de matière animale présenteraient potentiellement un risque sanitaire. Sachant qu’un compost, du fait de la chaleur produite par la décomposition, peut monter jusqu’à 60°C, température de pasteurisation, ce danger n’est pas avéré. La vraie raison, qui fait l’unanimité, est que ces produits mettent plus de temps que les épluchures à se décomposer, et attirent les rats, ce qui peut être vite dérangeant pour le voisinage.

  • Le pain

Le pain est également proscrit dans la mesure où il prend trop de place, demande trop de travail à broyer, et absorberait l’humidité du compost, qui est importante pour favoriser une décomposition optimale. Bon, dans les faits, on jette rarement un pain entier, mais des petites miettes ou au pire une tranche que l’on a émiettée, et dans ce cas ce n’est pas une catastrophe pour le bien-être du compost.

  • Les noyaux et coques

Le compost n’est pas assez puissant pour les décomposer, on les retrouve telles quelles à la fin du processus de dégradation. Mais on peut quand même les mettre en veillant à casser au moins les coques en petits morceaux, parce qu’ils n’ont pas d’effet négatif sur la décomposition en elle-même. Au contraire, ils permettent d’aérer la matière.

  • Les plats en sauce

Encore une fois, tout ce qui est biodégradable est compostable. Le problème, c’est qu’ils attirent les rats. De plus, si les aliments concernés ont été cuits dans de l’huile, cela ralentira le compostage puisque la graisse conserve les aliments. Si vous avez un tout petit truc sur le bord de l’assiette ça passe, mais n’allez pas jeter tout un plat dans votre pot à compost! Et si vous habitez à la campagne, faites comme vous voulez 🙂 Aah la campagne!

  • Les agrumes

On pose souvent la question de l’incidence de l’acidité des agrumes sur le compostage. Dans le processus de décomposition, il y a une acidification naturelle, donc l’acidité en elle-même ne pose pas de problème. Le tout est de rester dans une consommation « moyenne ». Si vous jetez dans le compost dix kilos d’agrumes toutes les semaines, ça risque de déséquilibrer le mélange, mais bon il faut y aller quoi! Quant à l’écorce (tout comme la peau de banane d’ailleurs), elle met du temps à se décomposer et pour accélérer la dégradation il peut être bienvenu de la découper en petits morceaux.

  • Les pesticides

Si on donnait notre compost à des agriculteurs bio, il faudrait qu’il soit 100% bio. Mais avec l’usage que l’on en fait pour l’instant, cela n’est pas indispensable. Toutefois, j’en profite pour vous encourager fortement à vous tourner vers de bon vers une alimentation la plus bio et locale possible, parce que si vous faites votre compost c’est que vous avez à cœur votre avenir sur Terre, et si vous avez à cœur votre avenir sur Terre alors vous abandonnez tout ce qui peut ressembler à une agriculture mortifère. Et comme ça on pourra donner notre compost aux paysans bio et locaux qui nous ont vendu leurs bons légumes, précisément ceux qui ont fini en compost! (eh oui, c’est ça la circularité). Quoi qu’il en soit, il vaut mieux pour l’environnement qu’un aliment traité soit composté plutôt qu’incinéré. En outre, on observe une très nette diminution de la dose de produits chimiques à la fin du processus de compostage. Enfin, pour être plus exacte, la molécule chimique originelle a été démembrée, après on ne sait pas si les molécules ainsi produits sont toxiques…

  • Le papier

Il vaut mieux le mettre au recyclage. Si vraiment votre vie en dépend, ne mettez que du papier type carton, ou papier recyclé, qui ne brille pas et qui n’a pas d’encre (oui, ça fait beaucoup de conditions, surtout si votre vie est en danger). Par exemple, vous pouvez mettre les filtres à café en papier, ou les mouchoirs usagés déchirés en petits bouts (mais bon pas la peine, puisque vous avez désormais des mouchoirs en tissu^^).

  • Les coquilles d’œufs

Les coquilles d’œufs sont exclusivement composées de matière minérale. Elles ne se décomposeront donc pas. Par contre, elles minéralisent le compost, ce qui est plutôt positif. Il faut les jeter bien écrasées en touts petits morceaux.

  • Thé et marc de café

Oui on peut les mettre au compost!

  • La pelouse

Le mieux est de la laisser sécher sur place après avoir tondu. Puis de la ramasser pour l’utiliser en jardinage pour du paillage.

  • Les branches

Il vaut mieux les broyer et les laisser sécher pour obtenir du broyat (voir quelques lignes en dessous l’utilité cruciale du broyat), ou pour pailler les platebandes.

Pour résumer, on peut mettre au compost tous les déchets de tous les fruits et légumes. Ce qu’il faut, c’est que les apports soient au maximum équilibrés: chaque chose apportée en grande quantité modifie l’équilibre du compost. Par exemple, si l’on apporte des kilos de pommes fermentées, gorgées de sucre, l’alcoolisation issue de ce sucre va tuer les bactéries utiles à la décomposition.

QU’EST-CE QU’UN COMPOST EN BONNE SANTÉ ?

Un compost en bonne santé est un compost qui garde un bon équilibre hydrométrique. Schématiquement, pour l’entretenir il faut apporter à la fois des matières humides et des matières sèches. Si l’on n’apporte que de la matière humide (globalement, toutes les épluchures que nous mettons dans notre seau à compost), la matière va se tasser, manquer d’oxygène et macérer, en produisant des écoulements et des mauvaises odeurs dues à la production excessive de méthane. L’odeur est un bon indicateur d’un compost en mauvaise santé.

C’est pour cette raison qu’il faut autant que possible stocker son seau à compost à l’air libre, sans couvercle, si possible dehors sur un rebord de fenêtre ou sur un balcon, pour qu’il s’oxygène. L’idéal est aussi d’avoir chez soi une petite réserve de matière sèche qui permet d’équilibrer l’humidité et d’aérer la matière fraîche.

La matière sèche la plus utilisée en compostage est le broyat de bois, qu’il faut rajouter à chaque ajout de matière humide et avec laquelle il faut bien l’entremêler pour ne pas créer d’effet « lasagne » entre des couches humides et des couches sèches. Le bois pourri est une composante essentielle de l’humus des forêts.

COMMENT UTILISER LE COMPOST UNE FOIS MÛR?

Pour des semis, on peut l’utiliser tel quel.

Une fois que l’on a obtenu des pousses, il faut les planter dans du terreau, qui peut être obtenu en mélangeant de la terre, du compost (environ 1/3 du mélange) et du sable (et éventuellement de la chaux domestique pour l’apport en calcium).

En forêt, l’humus ne se trouve jamais à nu. Les bactéries photosensibles qu’il contient sont protégées sous une litière de matière végétale. En jardinage, pour reproduire ces conditions il faut donc pailler le compost que l’on a étalé.

Pour les proportions, on peut utiliser 5kg de compost par mètre carré de terre.

ET LES VERS DE TERRE DANS TOUT CELA ?

La technique de compostage que je vous ai présentée ne concerne pas le lombricompostage, même si ce compost attire naturellement les vers. Je ne connais pas encore les spécificités du lombricompostage, qui impose il me semble plus de restrictions sur les aliments à jeter, pour préserver la santé des vers. Il faudrait approfondir la question. Toutefois, pour l’instant la majorité des composts collectifs ne fonctionnent pas en lombricompostage.

Si les vers vous passionnent, je peux déjà vous dire qu’il existe deux catégories de vers dans la nature:

les vers digesteurs, les petits vers rouges fins qui évoluent dans les premiers cm du sol. Ils dégradent la matière organique.

les vers laboureurs, qui mangent la matière organique dégradée par les vers digesteurs, et la mélangent en digérant, pour créer un complexe argilo-humique. En fait, ces vers ont une réserve de calcium dans une glande appelée la glande de Morren, et ces molécules de calcium permettent de relier des molécules d’humus avec des molécules d’argile.

Les vers de terre servent à faire remonter les minéraux en surface pour éviter que ceux-ci ne partent dans les nappes phréatiques, que les sols ne se « lessivent ». Ils ont donc une importance décisive pour la qualité nutritionnelle des sols agricoles. C’est une vie invisible, mais un univers entier: à eux seuls, les vers de terre pèsent plus lourd que le reste du règne animal terrestre!! Darwin avait bien cerné leur importance, puisqu’il leur a consacré le premier de ses ouvrages. Or, à cause du labour et des produits chimiques, les vers de terre disparaissent à une vitesse phénoménale. En Europe, on est passé d’une moyenne de 2 tonnes de vers à l’hectare en 1950 à moins de 100kg en 2010… Sauvons les vers de terre!

Bon, j’ai l’impression que je vous ai fait plus un laïus sur la nécessité de convertir toutes nos terres agricoles en permaculture qu’un topo sur le compost, mais bon le compost c’est de la matière organique, et la matière organique, comme vous l’avez compris, est un élément très important dans le préservation d’un milieu porteur de vie! Tout est lié quoi 🙂

Alors, commencez par composter, et puis ensuite allez acheter un terrain agricole pour y planter votre ferme!! Moi en tous cas, c’est ce que je compte faire, et vous aurez droit au tome 2 d’Abracada’Vrac, version Jeanne à la ferme 😉

 

 

Entretien de la maison, Les étapes vers le zéro déchet

2 règles pour déserter le supermarché #step 3

2 règles pour déserter le supermarché

En rédigeant mon article « débuter dans le zéro déchet, step 1« , je me suis rendu compte que la seule chose qui me conduisait encore au supermarché, une fois par mois, était le papier toilette. Wahou, mais avant j’y allais plusieurs fois par semaines!!

Je voudrais donc vous expliquer aujourd’hui comment en appliquant deux règles simples on peut parvenir à ce résultat. Vous imaginez? Ne faire vos courses qu’au marché et dans des jolies épiceries écolo, c’est quand même plus sympa non?

RÈGLE 1 anti-supermarché: REMPLACER LES PRODUITS JETABLES PAR DES OBJETS RÉUTILISABLES

Voici 6 types d’objets d’utilisation quotidienne que nous avons été habitués à acheter, porter jusqu’à chez nous, utiliser puis jeter, puis redescendre jusqu’à la poubelle. Vous imaginez, la perte de temps, d’argent et d’énergie? Normalement, les seules choses qui entrent chez nous devraient être celles qui en ressortent soit via notre compost, soit via les égouts… vous m’avez comprise.

2 règles pour déserter le supermarché

  • Les éponges

Cela fait des mois que je n’ai plus d’éponge chez moi et… rien n’a changé dans ma vie^^ Pour nettoyer les surfaces dans ma cuisine comme dans les sanitaires, j’utilise des chiffons microfibres lavables et mon pschitt au vinaigre blanc, et pour la vaisselle, une brosse à manche (avec tête changeable et compostable) et quand cela est nécessaire une paille de fer (utilisable à vie!). Vous pouvez également vous fabriquer un tawashi avec de vieux vêtements ou collants.

  • Les sopalins

Le chiffon micro-fibre remplit aussi parfaitement son office!

  • Les cotons démaquillants

Équipez-vous d’un kit de disques démaquillants lavables, ils sont très agréables d’utilisation et durent longtemps! Il suffit de les mettre à laver avec votre linge et le tour est joué.

2 règles pour déserter le supermarché

  • Les mouchoirs

Beuuurk pas des mouchoirs en tissu!!! Bon: combien d’entre nous ne réutilise jamais plusieurs fois un mouchoir en papier? Parce que du coup, le concept du mouchoir en tissu n’a rien de plus dégueu, et au contraire: le gros cracra dans l’histoire, c’est le mouchoir en papier qui déforeste l’Amazonie, pollue nos cours d’eau et nos organismes à coups de produits blanchisseurs, et se transforme en fumée lors du passage à l’incinérateur! En plus, si on parle un peu technique, le tissu absorbe mieux, ne se déchire pas et ne nous laisse pas les mains toutes gluantes en cas de salve un peu puissante^^ Alors niveau entretien, je vous l’accorde, il est plus exigeant: il faut faire tremper sa fournée de mouchoir dans le savon de Marseille et le vinaigre et frotter un peu avant la machine, voire les faire bouillir en cas de grosse grippe, mais franchement sinon ce n’est que du bonheur 😉

Vous pouvez tout simplement en découper avec des ciseaux crantés dans d’anciens draps bien souples et bien doux, ou en acheter des tout beaux dans une brocante! Je vous conseille de choisir un tissu non uni et de couleur foncée pour ne pas vous embêter à jouer les maniaques niveau tâches.

2 règles pour déserter le supermarché

  • Les cotons-tiges

Le concept de coton-tige représente pour moi tout ce que la culture du supermarché a d’infantilisant. Maman mondialisation se charge de nous nettoyer les oreilles à coups de bâtonnets de plastique fabriqués en Chine et de coton produit en Inde et blanchi au Bengladesh. Non mais franchement les gars, on a un doigt qui s’appelle l’auriculaire, et qui marche super bien sous la douche avec un peu d’eau chaude!! Ou sinon, pour ceux que le concept du doigt repousse, il existe les auriculi, petits instruments qui accomplissent la même fonction que le coton-tige, mais en version lavable.

2 règles pour déserter le supermarché

  • Les tampons/serviettes

Se ruiner à acheter des objets qui nuisent à notre santé, ça ne fait pas rêver. Pourtant, c’est ce que fait la majorité des femmes avec les tampons et les serviettes, qui contiennent-même parfois les bio- une quantité de produits chimiques effarante. Quel dommage de mettre en danger l’un des endroits les plus précieux et fragiles de notre corps… tout en vidant nos porte-monnaies, et en 2 règles pour déserter le supermarchéabîmant notre environnement! Il existe depuis quelques années une solution toute simple au succès grandissant: la coupe menstruelle. Je reconnais que le terme ne fait pas saliver, mais quoi qu’il en soit ça change la vie! Si le démarrage n’est pas des plus agréables et que cela demande une période de transition plus ou moins longue en fonction des utilisatrices, une fois que cette nouvelle habitude est en place on en oublie que l’on a ses règles!! On peut s’en procurer en pharmacie ou magasin bio. Attention à bien choisir la taille. Quelques explications ici pour l’utilisation!

En complément, vous pouvez utiliser des serviettes hygiéniques lavables. Il suffit de les faire tremper un peu à l’eau froide ou tiède si possible puis de les laver au savon de Marseille à l’eau tiède ou en machine à 40, et de les faire sécher à l’air naturel (pas sur un radiateur!). Je vous conseille la marque Plim, qui produit des accessoires techniques et de vraie qualité! Il y a aussi le flux instinctif libre, qui est vraiment l’idéal, mais il demande beaucoup d’investissement de départ pour rééduquer des muscles malheureusement un peu oubliés!2 règles pour déserter le supermarché

RÈGLE 2 anti-supermarché: FABRIQUER SOI-MÊME

Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous encourage à aller faire un tour sur mon article qui présente les 9 produits qui suffisent à la totalité du ménage et de l’hygiène. En les achetant une fois (sauf le vinaigre qui nécessite des réapprovisionnements fréquents), vous pourrez vous en servir pendant plusieurs mois pour préparer tous vos produits ménagers et d’hygiène sans sortir de chez vous 🙂

L’intérêt? A une consommation coûteuse, dangereuse pour votre santé et pour l’environnement, désagréables (bonjour la file d’attente en caisse aux heures de pointe), vous substituez un mode de vie économique, sain et écologique, et re-lax!

Voici une liste de ce que vous pourriez fabriquer vous-même au lieu de l’acheter au supermarché:

Désintox, Les étapes vers le zéro déchet

Je n’ai pas le temps!

Je n'ai pas le temps

Le temps est une question que j’ai déjà partiellement abordée dans pas mal de mes articles, mais je me suis rendu compte ces derniers temps à quel point elle méritait qu’on lui consacre un billet entier. En effet, ce que j’entends le plus souvent lorsque la question de l’écologie et celle de la réduction des déchets viennent sur le tapis, c’est « Oui, c’est très bien, il faut changer les choses mais moi je n’ai pas le temps ». Je vous propose donc aujourd’hui d’en finir avec le manque de temps.

Cela nous paraît très compliqué, mais en fait c’est très simple. Personne n’a moins de temps que quelqu’un d’autre, car le temps est le bien que nous recevons tous en égale quantité. Eh oui! Irréductiblement, nous sommes tous égaux face au temps! Nous avons tous, sans exception, 24h dans nos journées, ni plus ni moins! Alors pourquoi certains ont-il le temps de changer leur mode de vie, et d’autres non?

Parce que certains PRENNENT le temps, d’autres non. Voilà, voilà. On ne peut pas dire « je n’ai pas le temps », la seule chose que l’on peut dire, c’est « je ne prends pas le temps ».

Je vois venir les grandes protestations: « eh mais oh, moi j’ai plein d’enfants, moi j’ai beaucoup de travail, moi j’ai trop de copines, moi j’ai des problèmes de santé…. ». Stop, on a tous des contraintes dans nos vies, plus ou moins grandes et graves, certes, mais on en a tous. La difficulté, c’est d’être honnête vis-à-vis de soi-même: mes contraintes sont-elles vraiment si graves qu’elles m’empêchent de me consacrer à quoi que ce soit d’autre, et en particulier à organiser ma propre survie?

Je voudrais dès maintenant apporter une précision de taille: beaucoup de personnes se font une montagne du changement de mode de vie. Alors qu’en fait, le seul moment qui va nous demander du temps est celui de la transition, comme je l’explique dans mon article « Débuter dans le zéro déchet, step 1 ». Après, au contraire, vous allez en gagner du temps! C’est un investissement qui vaut le coup non? D’ailleurs la majeure partie des gens qui se sont convertis au zéro déchet, à la décroissance etc (et ils sont plus nombreux qu’on le pense) l’ont fait dans une période de congé parental, de chômage, de transition professionnelle… Parce que le fait d’avoir un peu plus de temps leur a donné aussi le loisir de se poser des questions, de prendre du recul sur le sens de leur vie. On est d’accord, il faut sortir du TGV quotidien pour pouvoir laisser à notre cerveau et à notre cœur la possibilité de se poser des questions. Mais ce temps, si on ne nous le donne pas il faut le PRENDRE.

Pourquoi la plupart d’entre nous ne prend-il pas le temps de se consacrer à changer sa façon de vivre? Je pense qu’il y a deux raisons majeures, intrinsèquement liées:

– la première, c’est que la grande majorité de la population, enfermée dans une routine bien huilée et entretenue par un système qui ne veut pas que l’on puisse se poser des questions, ne se rend pas compte de l’urgence dramatique de l’actualité écologique. Si vous êtes sur une plage et que l’on vous dit: « eh!! regarde le tsunami derrière toi!! », on est d’accord que vous allez laisser tomber ce que vous étiez en train de faire, qui paraît soudain moins important, et que vous allez courir pour sauver votre peau?

– par conséquent, la deuxième raison, c’est que l’écologie, au fond, ne fait pas partie des priorités de tout le monde. Réfléchissez bien: lorsque vous avez des priorités dans la vie, vous vous organisez en fonction d’elles, non? Si malgré votre emploi du temps chargé vous trouvez le temps de partir en week-end ou faire du sport, ou de sortir entre amis, c’est bien que vous prenez le temps d’intégrer vos priorités à vos semaines. Donc, si l’écologie faisait vraiment partie des priorités des gens, ils prendraient le temps de se consacrer à changer leurs habitudes.

On résume: pour sauver nos peaux, il faut changer nos modes de vie. Pour changer nos modes de vie, il faut prendre le temps de le faire. Pour prendre le temps de le faire, il faut que cela fasse partie de nos priorités. Pour que cela fasse partie de nos priorités, il faut que nous ayons conscience du fait que c’est de la plus haute importance. Pour que nous ayons conscience du fait que c’est de la plus haute importance, il faut que nous soyons informés de la réalité.

Ok, nouveau problème, nous NE SOMMES PAS INFORMÉS. Eh oui, les amis, je vais tomber dans l’insipide lieu commun du pseudo-parano, mais on nous cache des choses. Oui, oui, parfaitement! Elles ne sont pas vraiment cachées puisqu’il suffit de chercher un peu pour découvrir des trucs totalement incroyables et changer complètement sa vision du monde actuel, mais tout est fait pour que nous n’ayons pas envie de chercher, fût-ce même un peu. Tout est fait pour que nous ayons des milliards d’envies, qui nous détournent des vraies questions. Eh oui, deuxième grande banalité du paragraphe: vive la société de consommation. Le modèle de consommation dans lequel nous vivons ne va pas sans sa meilleure copine, la culture de l’ignorance. Parce que si nous connaissions pour de vrai le quart des implications et conséquences de nos actes d’achat, eh bien nous arrêterions d’acheter, et du coup nous aurions plein de temps pour changer nos vies (oui parce qu’acheter, ça coûte énormément de temps, la preuve ici)!!

C’est pourquoi de nombreuses personnes, dont je fais partie, essaient de se bouger pour rendre plus accessibles ces informations très peu commercialement correctes. Le problème, c’est que notre job est souvent d’annoncer de mauvaises nouvelles, et que les rabat-joie, on en a vite assez. Mais la réalité n’est catastrophique que si nous ne la changeons pas! Les personnes qui vous informent de tout ce qui va mal ne le font que dans le but que les choses aillent mieux! Alors écoutez-les, et soutenez-les, car croyez-moi, ce n’est pas toujours fun de passer son temps libre à farfouiller pour le reste de la population dans le tas de trucs glauques sur lequel nous sommes tous assis.

Il serait faux de penser que consacrer du temps à une transition vers un mode de vie d’avenir, c’est sacrifier d’autres choses importantes dans nos vies. En fait, si vous m’avez bien suivie, prendre ce temps est le meilleur moyen de préserver votre existence et tout ce qui compte pour vous dans cette existence. Changer de mode de vie, ce n’est pas baisser son niveau de vie, mais c’est au contraire placer ce dernier sur un socle solide. Ce qui compte pour vous, c’est d’avoir une maison propre, avec tout ce dont vous avez vraiment besoin dedans, une famille en bonne santé, et de beaux moments, ou c’est de pouvoir vous payer des tas de produits ménagers de marque bien polluants, des tonnes de gadgets dans vos placards, des médicaments et des billets d’avion? Croyez moi, la consommation est loin d’être le bon socle sur lequel faire reposer son niveau de vie, car alors on se rend dépendant de très nombreux facteurs sur lesquels on n’a aucun pouvoir. C’est comme les amis: il y a ceux sur lesquels on peut compter et les autres. Auxquels donnez-vous la priorité? Pour notre mode de vie, cela devrait être pareil: fonder nos habitudes sur des valeurs fiables.

Si je regarde la question de l’eau potable, de plus en plus sensible dans le monde entier, je me rends compte que ce qui est vraiment important à mes yeux, c’est de pouvoir boire et d’avoir accès à l’eau courante. Donc, je pourrais très bien me montrer plus attentive à mes gestes quotidiens en rapport avec la consommation d’eau sans que cela diminue ma qualité de vie, puisque celle-ci dépend uniquement à mes yeux de la possibilité de boire et d’avoir accès à l’eau courante. Renoncer à laisser couler le robinet pour rien pendant que je fais la vaisselle ou me brosse les dents ne portera en rien atteinte à mon confort, ce n’est qu’une habitude à prendre. De même, je ne serais absolument pas gênée que l’eau de mes toilettes et de ma douche ne soit pas potable, du moment que cela me permet de continuer de boire de la bonne eau dès que j’en ai besoin. Bref vous avez compris le principe, il nous faut tous apprendre à discerner quels sont nos vrais besoins pour mener une existence de qualité, et à quelles habitudes nocives nous pourrions renoncer sans en être affectés. En c’est ce renoncement même qui nous donne le pouvoir de préserver notre confort durablement.

Comme le dit Lao Tseu dans une de mes citations préférées, la vraie richesse, c’est d’être capable de se contenter de ce que l’on a. Voici le vrai pouvoir que vous avez: celui de vous transformer intérieurement, de transformer le regard que vous portez sur les choses et sur le sens de votre vie. La qualité de notre niveau de vie dépend de l’idée que l’on s’en fait. Voyez sur ce sujet mes articles « Epicure et le zéro déchet« , et « Plus riche en travaillant moins« . L’idée globale, c’est qu’en termes de bonheur et de confort, seul le résultat compte, et pour atteindre ce résultat, on se trompe parfois de chemin, et c’est là qu’on perd du temps, celui même qu’on aurait pu prendre pour y mettre nos priorités. Je reformule: intoxiqués par les publicités, nous avons tendance à avoir une vision du niveau de vie fondée sur les moyens plutôt que sur le résultat. J’insiste, allez vraiment lire mon article sur la richesse et le travail, il est crucial dans cette réflexion!

Le temps, c’est de l’argent ET du changement, alors arrêtons de le gaspiller! Aujourd’hui, le temps est aussi notre allié le plus précieux dans cette course contre la montre que représente le bouleversement écologique profond en marche contre notre espèce. Alors réorganisons nos priorités de sorte à laisser de la place à un vrai changement de mode de vie, et cessons de nous retrancher derrière l’illusion du manque de temps.