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Mettons nos cœurs au vert!

Mettons nos cœurs au vert!

Fatigue aidant, j’ai constaté ces derniers temps que mon attitude intérieure ne reflétait pas beaucoup ce que mes efforts accomplissaient à l’extérieur: à quoi bon avoir une poubelle immaculée si nos cœurs sont tout sales?

Jugements, rancœurs, angoisses, stress, lassitude… Autant de déchets qui noircissent et intoxiquent nos vies intérieures, grignotant peu à peu nos relations, nos joies, notre liberté.

Puisque ma maison n’en n’a plus vraiment besoin, j’ai décidé de faire cette année le ménage de printemps dans mon âme qui ne demande que ça, et de partager avec vous mes réflexions et résolutions sur ce point.

AVOIR ET ÊTRE

Mettons nos cœurs au vert!L’adoption d’un mode de vie minimaliste a engendré en moi une soif de richesses différentes de celles qui m’avaient attirée jusque là. En me détournant progressivement de l' »avoir », j’ai ressenti un besoin supplémentaire d' »être ». Et pour combler ce besoin, je comprends en ce moment qu’il ne suffit pas de changer ses habitudes de consommation, mais qu’il faut également opérer une vraie conversion du cœur.

Que signifie « être » pour moi? Je crois que je serai pleinement épanouie lorsque je parviendrai à faire du don une philosophie de vie. Je pense que la meilleure chose que nous ayons à donner en ce monde, c’est nous-mêmes, et que c’est ainsi que l’on devient le plus riche. Peut-être que c’est le fait d’avoir moins qui fait naître l’envie de se donner soi-même, et que moins on a, plus on donne, plus on se donne…. Moins j’ai de choses à entretenir, plus je prends conscience du fait que ma vraie richesse habite dans mes liens familiaux, mes amitiés, mes relations. Moins j’ai de choses à entretenir, plus je suis disponible pour entretenir des relations humaines. Bref, quoi qu’en dise Axe, « Moins t’en mets, plus t’en as! »

Bon, je ne vous dis pas que je suis devenue une sainte, hein! J’ai juste compris ces derniers temps à quel point j’avais besoin de relations épanouies pour être dans la joie, et je pense que mon changement de mode de vie a été pour beaucoup dans ce cheminement.

Je voudrais réussir à vivre en paix avec moi-même, me libérer de mes peurs et de mon stress, et me rendre à 100% disponible à chaque moment que je vis et à chaque personne avec qui je passe du temps, sans être en train de cogiter à autre chose.

Et je pense que pour y arriver, je dois faire le ménage dans mon cœur, le mettre au vert lui aussi!

Notre cœur est souvent une décharge à vieilles rancunes, blessures mal cicatrisées, jugements des autres et de soi-même, peurs et angoisses. Si on réfléchit bien, on peut répartir tous ces déchets en deux groupes: ceux du passé et ceux de l’avenir. Qui a envie de vivre avec une décharge à la place du cœur? Une décharge à passé et à futur, qui recouvre complètement le terreau du présent?

Les déchets du passé

Mettons nos cœurs au vert!Pour balayer rancunes, blessures et jugements, il me semble qu’il existe un remède universel: le pardon. Tant que l’on en veut à quelqu’un, que l’on s’en veut à soi-même, que l’on contemple ses blessures avec une délectation masochiste, on reste prisonnier du passé sans pouvoir profiter du présent. Alors que si on pardonne à ceux qui nous ont fait du mal, que l’on décide de s’accepter tel qu’on est, avec son passé et ses errances, de réaliser que comme tout le monde, on sera toujours digne d’être aimé, on se libère et on se permet d’emprunter un chemin plus lumineux, plus léger.

Une autre chose  qui me paraît extrêmement importante, est de reconnaître ses torts avec le plus d’objectivité possible, d’avoir l’humilité d’aller présenter ses excuses à ceux à qui on les doit. Et il est beaucoup plus facile d’y parvenir une fois que l’on a décidé d’adopter un regard bienveillant sur soi-même: j’accepte d’être imparfait, je reconnais que je ne suis pas infaillible et je m’aime pour ce que je suis en vrai. Donc, quand j’ai fait une erreur, cela ne me dérange pas de le reconnaître, et je demande pardon car la solidité de mes relations avec les autres m’importe plus qu’une fierté qui m’aveuglerait. La plupart d’entre nous croit en quelque chose. Personnellement, c’est à Dieu que je demande de me donner la force de demander pardon, mais je suis sûre que chacun d’entre nous peut invoquer à sa façon la puissance en laquelle il croit.

Avez-vous déjà fait l’expérience de la rancune, qui vous aurait fait ressasser pendant des jours, voire des mois, un événement blessant, retournant cette situation dans tous les sens, cherchant toutes les raisons d’accuser la personne qui est au centre de vos pensées, et de vous justifier vous-même? N’avez-vous pas eu l’impression d’être en permanence lié à cette personne à qui vous en vouliez? Vous est-il venu à l’esprit que vous pourriez avoir une part de responsabilité dans la situation vécue? La rancune est une chaîne qui nous attache à la personne qui nous a fait du mal, nous rend prisonniers. La seule façon de retrouver sa liberté est de pardonner et demander pardon, sans attendre que cette personne se repente elle-même, car alors vous faites reposer votre libération sur un facteur extérieur à vos capacités. Cessons de traîner les casseroles du passé! Coupons la chaîne et laissons-les où elles sont. Le pardon, c’est la star du zéro déchet intérieur!!

Les déchets du futur

Et le futur? La plupart d’entre nous a peur de tout un tas d’éventualités: ne pas réussir sa vie, ne pas trouver la bonne personne, ne pas réussir à garder la ou les personnes qu’on aime, décevoir, ne pas être à la hauteur, ne pas être en bonne santé…. Mais pourquoi nous faisons-nous autant de mal pour des choses qui n’existent que dans notre imagination??

De nombreux penseurs affirment que nos pensées se matérialisent en éléments concrets, que nous attirons dans notre existence tout ce à quoi nous pensons. Donc, si j’ai peur qu’il m’arrive des malheurs, je vais attirer ces malheurs à moi, ou si je suis convaincue que je vais devenir milliardaire, cela m’arrivera aussi. C’est très résumé et à la limite de la caricature, mais extrêmement important à mes yeux: notre existence est le fruit de nos pensées. J’ai entendu de nombreux témoignages de personnes ayant aujourd’hui réalisé leurs rêves, et qui ont toutes un point en commun: ressentant à un moment de leur vie un fort sentiment d’insatisfaction, elles ont décidé de transformer leurs émotions, de les utiliser comme moteur pour se propulser. Et c’est là que leur vie a complètement changé.

Alors prenons soin de nos pensées, elles sont capitales! Détournons-nous de nos peurs pour nous consacrer à nos rêves. Ayons des lectures et des fréquentations qui nous inspirent et nous motivent. Laissez tomber la télé et les news quotidiennes dans le métro, vous verrez comme le monde vous paraîtra moins noir! On le sait, que les choses vont mal. Nul besoin de le ressasser tous les jours à travers des « infos » qui n’en sont d’ailleurs pas. Laissons de côté ceux qui nous font perdre notre temps, ont tendance à nous décourager, à critiquer nos idéaux.

Mettons nos cœurs au vert!Libérons du temps pour des activités qui nous nourrissent en profondeur, qui nous construisent aujourd’hui pour être plus grands demain. Nos habitudes répétitives et irréfléchies nous apportent de la fausse détente, font de notre vie une roue qui tourne sur elle-même plutôt qu’un chemin. Posez-vous cette question: quel est mon rêve? Je n’ai qu’une vie, qu’est-ce que je veux en faire pour de vrai? Et chaque jour, entretenez cette flamme en troquant vos mauvaises habitudes par une ou plusieurs bonne(s) habitude(s), grande(s) ou modeste(s).

Arrêtons de vouloir que certaines personnes nous comprennent et nous aiment comme nous sommes: elles pensent ce qu’elles veulent, et ce n’est pas parce qu’elles ne s’y intéressent pas que ce en quoi nous croyons n’a pas de valeur! Ce n’est pas parce que nous posons des choix différents de ce que nous voyons faire autour de nous que nous sommes dingue ou marginal: la vie en société nous fait parfois oublier qu’au-delà du citoyen, du fils, du frère, de l’ami d’enfance, il y a une personne unique, avec des goûts, des envies, des idéaux, des projets uniques. Cultivons la différence, à commencer par la nôtre. Et ouvrons-nous à celle des autres avec émerveillement, abandonnant le jugement et la catégorisation systématiques. On entend souvent que pour réussir à accepter les autres tels qu’ils sont, il faut d’abord réussir à s’accepter soi-même.

Le meilleure façon de ne plus avoir peur de l’avenir est de ne pas perdre une miette du présent, de le vivre en pleine conscience. Le présent est le seul élément de vie qui nous est donné: le passé est mort, le futur n’existe pas encore. Comme le monde irait mieux si nous arrivions à vivre tous pleinement au présent! N’avez-vous pas le sentiment, chaque fois que vous regrettez une parole ou un acte, que celui-ci est sorti presque malgré vous, dans une sorte d’état d’inconscience? En étant entièrement présent au moment que l’on vit, on commettrait sûrement moins d’erreurs, on serait beaucoup moins entravé par nos remords, et on construirait beaucoup plus solidement notre avenir, tuant ainsi nos peurs.

Si vous aussi, vous voulez profiter du printemps pour refleurir votre vie intérieure, voici quelques petites suggestions de nouvelles habitudes:

  • Mettons nos cœurs au vert!Pratiquer la pleine conscience 5 ou 10 minutes par jour (il existe une application mobile très bien faite, appelée Petit Bambou, pour accompagner cet exercice quotidien, et pour les curieux, des ouvrages plus poussés comme  Au cœur de la tourmente, la pleine conscience, du professeur Jon Kabat-Zinn, qui vaut vraiment le coup). Mettre en place une telle habitude change la vie, essayez de vous lever dix minutes plus tôt le matin pour vous y consacrer et vous ne le regretterez pas!
  • Faire la place aux activités qui nourrissent vos rêves: lectures, rencontres, recherches, expériences, stages, formations en ligne…
  • Éteindre le téléphone et l’ordinateur à 21h et vous prêter à une activité plus calme qui laisse la fatigue s’exprimer, en prenant le temps de faire le point sur votre journée;
  • Lâcher prise avec votre fierté et demander pardon après toute situation de conflit;
  • Reconnaître et mettre à distance vos émotions négatives (ce à quoi aide la pleine conscience);
  • Ne faire qu’une seule chose à la fois;
  • Écouter la personne qui vous parle sans penser en même temps à ce que vous allez lui répondre, et réfléchir avant de prendre la parole dans des situations délicates.

 

FAIRE ET ÊTRE

Cette notion de vie au présent amène à réfléchir sur un deuxième concurrent de l’être qu’est le faire. Certes, avoir moins permet de faire la place au désir d’être. Cependant, le faire est une deuxième menace, peut-être plus pernicieuse que l’avoir qui est bien visible. Je me sens particulièrement concernée par la menace du faire. Être, c’est exister pour soi et pour les autres. Pour être, j’ai donc besoin d’une identité. Nous avons de fâcheuses tendances à définir notre identité à travers nos biens matériels, mais également à travers ce que nous faisons. J’ai porté pendant deux ans un projet d’épicerie en vrac, et la seule question qui m’était posée quand je rencontrais des connaissances ou des proches était: « Et ton projet, ça avance? ». Je pense être la seule responsable de ce champ d’intérêt réduit que j’inspirais. Peut-être ai-je conçu ce projet comme une belle opportunité de me donner une identité forte, dynamique, sans devoir livrer d’efforts pour cultiver mon vrai moi, plus complexe. En plus, les sujets de conversation faciles permettent de rester en surface, de papoter sans s’ouvrir vraiment ni s’intéresser sincèrement à l’interlocuteur.

Un autre élément que je comprends en ce moment, c’est que lorsque l’on vit un engagement fort, on finit par s’identifier à lui: je réduis mes déchets, là est mon identité, et c’est de ce sujet que je vais parler systématiquement à mes proches. Lorsque l’on fait à fond des choses bien, on acquiert vite l’illusion d’être quelqu’un de bien. Pourtant, l’habit ne fait pas le moine, et j’en suis arrivée à juger mon entourage parce qu’il ne vivait pas comme moi. Je me suis transformée en donneuse de leçons. Et je me rends compte aujourd’hui à quel point le faire peut aussi nous éloigner de l’être. C’est pourquoi il faut toujours garder à l’esprit le sens de notre vie, la façon dont nous voulons être, pour y ajuster nos façons d’avoir et de faire.

Mettons nos cœurs au vert!

Un livre que j’aime beaucoup engage le lecteur à s’imaginer le jour de son enterrement, et à écouter les discours de son conjoint, de ses enfants, de ses collègues, de ses amis, de ses frères et sœurs. Qu’aimerions-nous que toutes ces personnes disent de nous ce jour là? Cet exercice m’a beaucoup frappée et je le refais souvent. Le jour où je quitterai ce monde, je n’envisage pas de me dire: « chouette, j’ai bien critiqué mes semblables en clamant haut et fort qu’on fonçait tous droit dans le mur, et j’avais bien raison même si personne ne m’a écoutée », mais plutôt « j’ai fait ma part et je suis restée à ma place sur cette Terre, j’ai vécu en cohérence avec mes convictions et cela m’a rendue heureuse et sereine, j’ai agi par amour autant que j’ai pu, et j’ai partagé de magnifiques moments avec ceux que j’aime ». Je vous avoue que j’espère ne pas mourir aujourd’hui, parce que pour l’instant j’en suis plutôt au niveau du premier constat^^ Mais comme nul ne sait ni le jour ni l’heure, je vais me mettre rapidement au boulot!

Est-ce que ces réflexions vous parlent? Ressentez-vous comme moi le désir de vous débarrasser de votre décharge intérieure, ou avez-vous déjà entamé depuis longtemps ce cheminement?

Si cet article vous a plu et que vous avez besoin d’énergie positive, celui-ci vous reboostera aussi <3

6 Comments

  • Reply Eulalie 26 avril 2016 at 12 h 13 min

    Quel bel article ! J’y retrouve certaines préoccupations, ça va me faire réfléchir !

  • Reply Camille 22 mai 2016 at 15 h 02 min

    Je trouve ça top de lire un article plus « perso » comme ça au milieu de pleins d’articles super positifs, tu nous montre un peu le côté humain derrière ton blog ! Et en plus, je me retrouve bien dans ce que tu écris. Je trouve que la méditation, entretenir la pensée positive, éviter de médire, prendre du recul, ne pas choisir la colère au quotidien aide à s’élever et à devenir une meilleure personne ! 🙂

    • Reply abracada-vrac 23 mai 2016 at 7 h 07 min

      Merci Camille pour ton commentaire! Oui, ce n’est pas facile de s’y tenir tous les jours, mais ça vaut le coup de persévérer 😉

  • Reply Monasterio 31 mai 2016 at 15 h 27 min

    Quelle justesse! Merci pour cette belle reflexion.

  • Reply Isabelle 7 juillet 2016 at 10 h 25 min

    Depuis que je souhaite un enfant, je me pose beaucoup de questions sur notre monde et j’ai découvert Béa Johnson puis la famille Zéro Déchet. Mais votre blog retranscrit ma vision des choses avec les mots que j’aurais voulu employer. Ma fille a maintenant 4 mois, mais je n’avance pas beaucoup. Je jette beaucoup de choses de mon ancienne vie et j’essaie d’adopter de nouvelles habitudes. Je ne suis pas trop soutenue pour l’instant mais je ne perd pas totalement espoir. Je me suis permis de partager votre article à mes chers amis Facebook ! Un grand merci pour vos efforts !

    • Reply abracada-vrac 7 juillet 2016 at 13 h 55 min

      Merci Isabelle pour votre commentaire qui me touche énormément!C’est vrai que l’on doit regarder le monde très différemment le jour où l’on y fait advenir un petit être tout neuf tout fragile… Il ne faut pas vous décourager, ni vous juger, mais aller à votre rythme en adoptant les changements qui vous font du bien: les choses vont se débloquer les unes après les autres! Cela est effectivement d’autant plus dur lorsque l’entourage n’est pas réceptif à cette démarche, mais vous pouvez partager avec d’autres personnes sur certains groupes facebook (envoyez-moi un mail dans la rubrique contact, je vous donnerai les liens, et parfois à travers des associations là où vous habitez! Il est important de s’entourer pour garder le moral 🙂 Bonne continuation et à bientôt sur le blog!!

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