Les étapes vers le zéro déchet

Débuter dans le zéro déchet: step 1!

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Le zéro déchet, ça m’intéresse! Mais cela me paraît compliqué et chronophage, je ne sais vraiment pas par où commencer… Et en plus j’ai peur de me sentir frustré(e)!

Alors, le mieux est de commencer par se libérer de ces trois a priori, compréhensibles mais anti-constructifs.

Vivre sans produire de déchet NE PREND PAS PLUS DE TEMPS. Cela peut même vous en faire gagner!

Reste que cet a priori a quand même une petite part de vrai, dans la mesure où changer d’habitudes demande forcément, au début, un investissement en temps et en réflexion. Imaginez tous les tests par lesquels Bea Johnson, qui a initié ce mode de vie, a dû passer!!

La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui de nombreuses personnes ont transformé leurs habitudes et partagent leur expérience pour faire gagner du temps et de l’énergie aux autres durant cette phase de transition. Je fais partie de ces personnes, et les astuces que je vous donne sont nées d’un long cheminement, fait de tâtonnements et de ratées. Elles correspondent aux solutions que j’ai fini par trouver et qui répondent à plusieurs critères: la simplicité, le confort, la santé, la cohérence globale et les économies financières. Bref, elles ont tout bon, vous pouvez me faire confiance 😉 Donc, il y a des chances pour que grâce aux conseils des blogs que vous suivrez, le changement d’habitude se fasse en douceur et sans trop vous demander de temps. Pour cela, il vous faudra de la patience, et accepter d’y aller progressivement. C’est de tout vouloir révolutionner d’un coup qui risque de vous demander beaucoup de temps.

Une fois que vos nouvelles habitudes seront en place, vous verrez que ce mode de vie vous fait même gagner du temps. Deux raisons à cela:

  • D’une part, il ne s’agit pas seulement d’un changement d’habitudes, mais d’un changement profond de mentalité (attention, vous vous embarquez dans une sacrée aventure!!). Et ce changement comprend une prise de conscience très claire du fait que la société de consommation ne nous offre qu’un bonheur factice. Cela vous paraît sûrement déjà évident, mais vous verrez qu’au lieu de simplement le penser, vous le vivrez. Et, tout en douceur, vos envies de shopping et d’achats divers vont s’endormir, au profit d’autres envies, plus intérieures et plus porteuses de joies. Calculez le temps que vous passez dans les magasins. Supprimez-le de vos semaines, et additionnez-le pour vous rendre compte du temps gagné par mois! D’environ 20 heures par mois dans les magasins, je suis passée à à peu près 3 heures. Et je me porte très bien!!
  • D’autre part, le zéro déchet oblige à être organisé pour faire ses courses. Résultat: on prévoit des menus, une liste, et on ne fait les courses qu’une fois par semaine! Moi j’achète presque tout le frais au marché, et je complète de temps en temps en faisant un saut dans une épicerie bio: en moyenne, mon temps de courses est de 2 heures par semaine. Cela vous paraît beaucoup? D’une part, plus de la moitié de ce temps est passé au marché, ce qui est loin d’être un mauvais moment, et d’autre part additionnez vos sauts au supermarché proche de chez vous plusieurs fois dans la semaine, avec le temps de courses de la pause déjeuner du midi. Vous verrez que notre emploi du temps gagne à s’organiser.

Mais cuisiner, ça prend du temps non? Ok, cuisiner prend plus de temps que de manger des plats tout prêts. Mais cela est source d’enrichissements multiples: tout d’abord, contrairement aux plats tout prêts qui par définition n’ont pas besoin de préparation, le fait de préparer à manger, en nous mettant en contact avec les aliments, permet de « passer à table » bien avant le moment où l’on met les aliments dans sa bouche. Ainsi, la sensation de plaisir est beaucoup plus longue que lorsque notre premier contact avec l’aliment consiste à ouvrir une boîte de conserve ou le couvercle du plat picard. Et donc on arrive plus vite à satiété! Du coup, le deuxième argument est la santé et la ligne: si j’éprouve du plaisir plus longtemps en cuisinant, j’ai besoin de manger moins longtemps pour me détendre, donc j’ai besoin de manger de moins grandes quantités, donc je digère plus facilement, je ne m’endors pas pendant la digestion, je fatigue moins mon corps qui peut utiliser plus d’énergie à se maintenir en bonne santé, et je gagne du temps sur mes consultations médicales ou mes virées à la pharmacie pour acheter des compléments alimentaires énergisants. En plus, le contact authentique avec les aliments est bon pour le moral. Toujours convaincus que cuisiner ne vous vaut rien?

Secondo, vivre sans produire de déchet N’EST PAS COMPLIQUE, et si vous ressentez cela ne vous y mettant, déduisez-en que les solutions choisies ne sont pas les bonnes pour vous.

La simplicité et le gain de temps vont bien souvent de pair. Or, le zéro déchet implique le minimalisme, et le minimalisme est un style de vie fondé sur la simplicité: en version minimaliste, mon appartement et mes placards ne contiennent que ce dont j’ai vraiment besoin pour vivre sereinement et confortablement. Moins de choses = moins d’entretien = moins de soucis = plus de détente!

Vous pensez que faire ses produits d’hygiène et d’entretien est compliqué et prend du temps? ça peut. Sauf si l’on s’en tient aux critères que j’ai énoncés plus haut, et que l’on refuse les solutions tarabiscotées, onéreuses et incluant des tas d’ingrédients bizarres qui viennent de loin. Les recettes que je vous propose ont une moyenne de 2,5 ingrédients, dont la majorité se trouve déjà dans votre cuisine. Et elles prennent entre 1 et 10 minutes à réaliser, ce qui est plus rapide que d’aller acheter l’équivalent en magasin.

« Et apporter ses contenants pour faire ses courses, c’est l’horreur non? » Ça peut. Tout dépend de notre organisation. La solution pour que les courses ne deviennent pas une corvée réside dans le menu pour la semaine et la liste de courses. De toute façon, lorsque vous faites votre marché, vous y allez avec un caddie à roulettes non? Alors mettez dedans le nombre de boîtes qu’il vous faudra pour le fromage et la viande, et tout un tas de sacs en tissu pour les fruits et légumes. Et pour les courses d’épicerie, prévoyez la veille au soir un totebag contenant des sachets à vrac et les bouteilles que vous voulez recharger, ainsi que la liste que vous avez remplie au fur et à mesure que vos placards se vidaient, et passez à l’épicerie en rentrant du travail. Tout tourne autour de la prévoyance et de l’organisation. Quoi qu’il en soit, commencez par les changements qui vous paraissent les plus simples, et attendez d’avoir l’envie de passer aux changements moins évidents à vos yeux!

Il y a une chose qui peut être éventuellement un peu galère, c’est de trouver le fonctionnement qui vous convient pour vous débarrasser de votre compost (eh oui, car qui dit zéro déchet dit compost!). Sur ce sujet, voir cet article.

Mais encore une fois, c’est une petite étape de mise en route qui vaut le coup pour la suite! Dites-vous qu’une fois que vous aurez trouvé votre composteur de quartier, vous ne descendrez presque plus la poubelle! Ok, il faudra descendre le compost, mais il ne se remplit pas très vite et en général je l’apporte toutes les deux semaines au jardin partagé le plus proche de chez moi.

Vous savez pourquoi cela vous paraît compliqué? C’est parce que votre instinct de conservation craint beaucoup les changements de repères, il s’imagine qu’en terrain inconnu vous allez vous faire manger par des prédateurs inattendus, du coup il vous fait croire que le changement, ce n’est pas pour vous. On a peur de changer nos habitudes et de remettre en cause nos croyances et nos repères, c’est humain! Mais ce qui est humain aussi, c’est notre capacité à nous questionner nous-mêmes et à prendre du recul sur nos choix passés, pour aller de l’avant.

Mais, si je ne produits plus de déchets je vais être frustréééééé(e)!!!

Ah bon? Ce sont les emballages qui vous rendent heureux, ou alors ce qu’ils contiennent? Dans « zéro déchet », le zéro ne s’applique pas à « plaisir », mais à « déchets ». Le principe est simple: j’achète les mêmes choses qu’avant, mais sans emballages autour. Et les prospectus publicitaires dans votre boîte aux lettres, vous pensez qu’ils vont vous manquer lorsque vous aurez mis un « stop pub » sur le clapet? Votre shampoing, vous le choisissez en fonction de la couleur de l’emballage, ou pour ce qu’il est vraiment? J’ai une petite idée sur la question, car si on lisait le contenu de nos shampoings sans s’arrêter au design de la bouteille, on en aurait beaucoup moins envie…

Et pour ce qui est du changement de mentalité, par définition vous ne serez pas frustré(e) de moins faire de shopping, puisque si vous n’en faites plus c’est avant tout parce que vous n’en n’avez plus envie!

Côté alimentation, je reconnais que le zéro déchet implique de réduire sa consommation de produits transformés. Comme toute désintox vous risquez d’éprouver au début un sentiment de manque (aaah les nouilles chinoises déshydratées, le macdo, le kébab!!). Mais une fois « sevré(e) », l’envie disparaîtra (presque) totalement. Autorisez-vous des écarts lorsque vous en avez vraiment envie, en faisant attention à ce que ces écarts ne soient pas susceptibles de se transformer en rechutes^^

Cette démarche doit se faire petit à petit, au gré de vos envies. Commencez par vous débarrasser des choses qui ne vous servent vraiment à rien et que vous aviez reléguées au fond d’un placard poussiéreux, avant de vous poser la question de la nécessité de garder les autres affaires. Commencez par acheter en vrac les aliments les plus simples à acheter sous cette forme, en utilisant les sachets en papier fournis sur place et en essayant de les réutiliser d’une fois sur l’autre, puis vous irez plus loin en vous procurant des produits demandant plus d’organisation (prévoir ses menus, faire sa liste de courses et apporter ses boîtes). Achetez vos yaourts dans des pots en verre avant d’essayer de les faire vous-même, etc. Si vous vous sentez frustré(e), c’est que vous n’allez pas à votre rythme. Chaque changement doit découler d’une envie, d’un défi personnel. Et autorisez-vous de petites rechutes, elles s’espaceront avec le temps. Contemplez vos progrès plutôt que le chemin qui reste à parcourir!

N’hésitez pas à vous servir de mon localisateur de produits en vrac pour savoir où trouver vos aliments préférés en vrac à Lyon.

Et sur la question du plaisir, lisez aussi cet article!

Dans le prochain article sur la démarche du débutant, je vous expliquerai comment mettre en place des choses simples qui produisent déjà des résultats!

Vous êtes motivé(e) mais vous avez un milliard de questions? N’hésitez pas à me les poser en commentaires, pour que mon article step 2 y réponde au mieux 🙂

4 Comments

  • Reply Tiff in Lyon 11 avril 2016 at 19 h 15 min

    🙂 mon stop pub n’a servi à rien du tout, j’ai encore récupéré 3 pubs aujourd’hui hélas… il faudrait laisser un mot aux vilains qui nous polluent nos boîtes. Des idées ?

    • Reply abracada-vrac 11 avril 2016 at 19 h 42 min

      Mettre 10 stop pubs^^ Ou alors recouvrir ta boîte avec un dessin humoristique qui attire l’attention du distributeur en même temps que sa sympathie, et l’amène à se prendre de pitié pour toi!

  • Reply Eulalie 19 avril 2016 at 13 h 35 min

    Très bon article !
    Je suis d’accord, réduire ses déchets, ce n’est pas difficile. On ne parle pas forcément d’atteindre le zéro déchet absolu, mais déjà en achetant mieux et en faisant un peu plus de choses maison, on voit la différence 🙂

    • Reply abracada-vrac 19 avril 2016 at 22 h 08 min

      C’est vrai! Et ces différences visibles sont d’ailleurs très motivantes!!

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