Les étapes vers le zéro déchet

Comment composter ses déchets

comment composter ses déchets

Pourquoi composter?

Composter est une étape incontournable lorsque l’on souhaite limiter la quantité de déchets que l’on envoie à la décharge ou à l’incinérateur.

Volume

En effet, les déchets organiques représentent en moyenne 30% du volume de la poubelle des Français, ou encore 100% de la poubelle des adeptes du zéro déchet.

Définition

Les déchets organiques sont les déchets issus de la matière vivante : végétaux, viande, poisson… Ce sont des déchets biodégradables, qui se compostent.

Enjeux

L’enjeu du compost est double : d’une part, si vous ne produisez plus que des déchets organiques mais qu’ils partent quand même à l’incinérateur, c’est bien dommage… D’autre part, sur le plan psychologique, le fait de composter ses déchets organiques engendre une réelle motivation pour progresser vers le zéro déchet.

Le compostage participe d’une logique circulaire, là où l’incinération illustre le schéma d’épuisement des ressources dont nous avons intérêt à sortir.

Comment composter ses déchets

Inconvénients de l’incinération :

  • Émissions importantes de CO2
  • Consommation d’énergie: les dispositifs de production d’énergie par la combustion mis en place dans certaines centrales ne suffisent pas à compenser la dépense énergétique de ce processus.
  • Pollution de l’air. Certes, les fumées toxiques générées par la combustion sont filtrées et traitées, mais elles le sont à l’aide de nombreux produits chimiques, si bien que ce qui est relâché dans l’atmosphère contient encore 2000 molécules différentes (dont dioxines, métaux lourds), dont seulement une vingtaine est réglementée*. Ces dioxines se retrouvent dans l’air, l’eau, et les végétaux, et donc dans toute notre alimentation, spécialement dans les produits d’origine animale où elles sont particulièrement concentrées. Le corps humain n’est pas capable d’éliminer ces substances et les accumule donc tout au long de son existence, accentuant leur impact sur les cellules. Seule la femme les éjecte d’un coup lorsqu’elle est enceinte en les transférant au foetus… Les dioxines sont responsables des dizaines de milliers d’enfants malformés qui naissent encore quarante ans après les ravages de l’agent orange au Vietnam. En outre, ce traitement des fumées génère lui-même des déchets toxiques.
  • Résidus de combustion appelés mâchefers, et contenants également des molécules hautement toxiques que l’on retrouve dans l’eau et l’air.
  • Coût de l’installation et du fonctionnement d’un incinérateur.

*Source: Le scénario Zero Waste, éditions Rue de l’échiquier.

Avantages du compostage :

  • Impact économique et social: les économies réalisées par le contournement des incinérateurs peuvent être réinvesties dans la création de nouveaux postes au service de la collecte des déchets, et dans la réduction des taxes liées à ce service municipal. Le compost peut également être revendu par les municipalités aux agriculteurs, comme à San Francisco.
  • Production d’énergie: la matière organique en décomposition peut être génératrice de biogaz, utilisé directement en tant que tel ou pour produire de l’électricité.

 

« Mais c’est compliqué de composter ! »

Alors oui j’avoue, il faut quand même être motivé. A la maison c’est facile, il suffit de reconvertir sa poubelle en bac à compost et d’utiliser un sac plastique de plus en plus petit pour y jeter les déchets non recyclables et non compostables. Là où ça se corse, c’est quand il faut faire sortir tout ce beau monde de chez soi. Il existe des solutions, alors s’il vous plaît, ne vous découragez pas avant d’avoir vraiment tout essayé, je suis prête à parier que vous trouverez une organisation qui vous arrange !

Où déposer son compost?

  • Si vous avez un jardin c’est trop facile, il suffit de fabriquer un composteur et c’est parti. Vous pouvez suivre la formation des Compostiers pour comprendre comment marche l’entretien. Pas de panique, c’est beaucoup de bon sens et deux ou trois grands principes à retenir !
  • Si vous n’avez pas de jardin, allez d’abord voir le site des Compostiers (pour les lyonnais, mais il y a une asso de ce genre dans la plupart des grandes villes), qui sont à l’origine de l’installation de nombreux composts collectifs ou de composts d’immeubles à Lyon. Vous trouverez sûrement un compost collectif pas très loin de chez vous. Deuxième étape : trouver les horaires d’ouverture ou les personnes à contacter, pour savoir si vous pouvez vous y rattacher.
  • Si tous les composts proches de chez vous n’acceptent plus de nouveaux arrivants, et que vous trouvez des voisins motivés, vous pouvez envoyer un mail à Emeline Baume (ebaume@grandlyon.com), conseillère membre prévention des déchets au Grand Lyon. En effet, la métropole a récemment pris la décision de financer l’installation des composts collectifs en pied d’immeuble ou sur l’espace public, pour favoriser le développement de cette pratique. Un compost collectif, une fois qu’il est en place, ne demande pas un grand engagement individuel si chacun fait sa petite part: il s’agit de respecter la liste des déchets que l’on peut y mettre, de remuer le compost et d’y ajouter un peu de matière sèche quand on dépose ses biodéchets (l’affaire d’un quart d’heure par semaine au maximum), et quand le compost est mûr, en récupérer une partie pour ses pots de fleurs ou le potager de l’oncle. Pour la contacter, il faut réunir deux conditions:
  1. Être au moins dix foyers à vouloir participer au compost;
  2. Avoir déjà une proposition de lieu où le compost pourrait être installé (soit un lieu foncier qui appartient à la copropriété, soit qui appartient à la métropole).
  • Deuxième solution: vous pouvez trouver des gens super motivés autour de vous pour monter ensemble un nouveau compost dans votre quartier ou dans votre immeuble en passant par les Compostiers. Si vous sentez que les gens de votre immeubles sont sensibles à la question des déchets, vous pouvez également vous appuyer sur le Mouvement de Palier pour structurer de nouvelles idées communes.
  • Si vous n’avez pas le temps de participer à l’installation d’un nouveau compost, ou que les horaires de permanence de celui que vous avez près de chez vous ne vous conviennent pas, ça se corse un peu mais ne désespérez pas !

-Commencez par vous renseigner auprès de l’association ou autre qui gère votre compost collectif, pour savoir s’il n’existe pas un moyen de venir en dehors des heures de permanence (souvent il existe un cadenas à code ou un digicode vous permettant d’y accéder n’importe quand).

-Vous pouvez également essayer la technique du lombricompost, ou celle du bokashi (que je ne trouve pas idéale vu qu’il faut acheter des petites bactéries dans des sacs plastiques).

– Si vous, vos parents, vos grands-parents, votre tante ou votre marraine avez une maison de campagne où vous allez souvent le week-end, installez-y un compost et pensez à emporter vos épluchures quand vous partez (ok c’est un peu épique, mais mes parents le font de temps en temps et ça marche pas mal !)

– Si vous n’avez toujours pas de solution, peut-être auriez-vous un proche qui a accès à un composteur et qui accepterait que vous lui apportiez vos épluchures pour qu’il les prenne en charge ? Si vous souhaitez passer par ce blog pour être mis en relation avec des voisins écolos, je pourrais essayer de mettre qqchose en place.

– Avant-dernière solution, ambiance « bon sauvage », répandre vos épluchures sur les parcelles de terre que vous trouverez en bas de chez vous, par exemple au pied des arbres municipaux. Franchement ça commence à faire très beatnik mais ça peut devenir drôle. Sisi il existe des gens qui font cela, il n’y a pas très longtemps j’ai vu tous les pieds d’arbres de la rue de la République parsemés d’épluchures !! En plus, là je pars dans le fantasme, mais si tous les pieds d’arbres de Lyon étaient transformés en compost, le phénomène ferait parler, et peut-être notre maire déciderait-il de mettre en place un service municipal de ramassage des déchets organiques… Cela ne tient pas tant de l’utopie, puisque c’est ce qui se passe actuellement à Paris !

– Dernière solution : attendre que ce service arrive effectivement à Lyon, et par exemple monter une méga-pétition pour stimuler l’imagination de nos élus. Sur ce point, il convient d’apporter quelques précisions: l’inconvénient d’un ramassage des biodéchets à grande échelle, c’est qu’il est beaucoup plus difficile de maîtriser la qualité du compost: il suffit que quelques personnes jettent des déchets plastiques dans leurs biodéchets pour que le produit final ne puisse pas être transmis aux agriculteurs. Le Grand Lyon ne peut pas se permettre de fournir aux agriculteurs une matière qui ne soit pas irréprochable. Par conséquent, tant que chacun ne respecte pas un tri scrupuleux des déchets organiques autorisés, la matière organique, pourtant collectée à part, se retrouve traitée comme le reste des déchets, faute de débouché. Le meilleur moyen, pour l’instant, est donc d’intégrer cette pratique dans une sphère de voisinage, où chacun se sent responsable du compost commun et récupère celui-ci pour un usage privé. La pétition que nous pourrions envisager de mettre en place consisterait à encourager la métropole à installer des composts collectifs un peu partout dans la ville, à la manière des bennes à verre par exemple, car il s’agit d’un projet auquel elle réfléchit déjà. A maturité, la matière compostée serait récupérée par les habitants pour un usage privé. L’idéal à long terme est bien évidemment d’instaurer un service de ramassage en porte à porte comme pour la poubelle jaune et la poubelle grise, mais pour que cela ait un sens et une efficacité, il faut d’abord que la population apprenne à composter correctement, et cette éducation peut dès maintenant se faire au moyen des composts autogérés de proximité. On notera que la poubelle de recyclables a déjà plus de vingt ans, et que cette pratique n’est toujours pas en place: sur l’agglomération lyonnaise, 47% du volume de nos poubelles jaunes n’a rien à y faire! Commençons donc à agir en tant que citoyens, pour que la métropole puisse ensuite s’appuyer sur des fondements solides et généraliser la pratique du compostage.

Transporter son compost

Enfin, une fois que vous avez trouvé un composteur, vous vous demandez sûrement comment transporter vos précieuses épluchures jusqu’à celui-ci! Je vous donne donc quelques astuces, sur le conseil avisé d’une lectrice: au marché ou dans les coulisses de Trois ptits pois par exemple, vous pouvez vous procurer des seaux alimentaires avec un couvercle et une anse très pratiques: pas d’odeur dans la cuisine, et le transport est élémentaire! Pour ma part j’ai reconverti mon ancienne poubelle ikéa en bac à compost, et je la transporte sur une structure d’ancien caddie à roulettes. Ça paraît un peu extrême comme ça, mais en fait c’est assez discret, les gens pensent que je pars faire les courses!

J’espère que vous aurez trouvé votre bonheur dans toutes ces propositions et que le compostage va bientôt intégrer la liste de vos nouvelles résolutions 🙂

N’hésitez pas à partager vos difficultés et solutions personnelles sur ce sujet, ainsi que vos questions !

Pour comprendre les enjeux agricoles du compost ainsi que les règles à connaître pour un compost en bonne santé, lisez cet article 🙂

6 Comments

  • Reply Dauph 9 mars 2016 at 16 h 36 min

    Très bon article ça donne envie de donner suite au sac plastique remplie d’épluchures pendue par ma soeur dans la cuisine 🙂

  • Reply Anais 9 mars 2016 at 22 h 09 min

    Génial ! Je vais chercher s’il existe une pétition pour que Lyon organise ça de manière globale! Sinon il y a les lombricomposteurs à mettre chez soi 🙂

  • Reply Noémie 20 mars 2016 at 20 h 00 min

    Coucou ! Tu sais si une telle pétition existe déjà ? Ca pourrait fonctionner d’en faire une…? Pour ma part, j’attends la livraison de mon composteur Bokashi : pas de vers de terre dans mon petit appart ! 🙂

    • Reply abracada-vrac 20 mars 2016 at 20 h 06 min

      Pour tout te dire non je n’ai pas vraiment cherché, mais je vais me renseigner et t’en reparle rapidement! Bravo pour la démarche, tiens-nous au courant des résultats!!

  • Reply Clelie 29 mars 2016 at 20 h 45 min

    La formule fait absolument envie. Le tout est en plus très bien rédigé. Super!

    • Reply abracada-vrac 30 mars 2016 at 12 h 18 min

      Merci Clelie, tu me diras si tu réussis à t’y mettre 😉

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